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Bulletin Quotidien Europe N° 12632
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ACCORD UE/RU / Recherche

Le Royaume-Uni s’assure un accès aux fonds et aux réseaux européens pour la recherche et l’innovation

Soulagement pour les communautés scientifiques britannique et européenne : elles qui redoutaient tant le scénario d’un 'no deal', pourront finalement poursuivre leur étroite collaboration.

L'accord conclu le 24 décembre entre l'UE et le Royaume-Uni offre en effet aux Britanniques la possibilité de s’associer à l’ensemble des parties du programme-cadre européen Horizon Europe (EUROPE 12621/10), à l’exception toutefois de l'accélérateur du Conseil européen de l'innovation (EIC).

Ils resteront donc éligibles à la quasi-totalité des financements européens, également synonymes de prestige et sésame vers un vaste réseau.

Pour Jean-Pierre Bourguignon, président par intérim du Conseil européen de la recherche (CER), la situation n’est donc pas celle d’un « départ », puisque « les choses vont pouvoir continuer fondamentalement comme elles étaient auparavant », s’est-il félicité lors d'un entretien accordé à EUROPE.

Plus amer, l’eurodéputé Christian Ehler (PPE, allemand) – chargé de négocier les trois derniers programmes-cadres pour le Parlement européen – a, quant à lui, estimé que le simple choix des Britanniques de se retirer du « programme connexe et tout aussi important » Erasmus+ (voir autre nouvelle) constituait une rupture, nuisant à la coopération scientifique européenne.

Prépaiement

Le principal changement pour le Royaume-Uni sera d’ordre financier : puisqu’il ne contribuera plus au budget européen, le pays participera au financement d’Horizon Europe au moyen d’allocations, à la hauteur des subventions européennes qui seront allouées aux chercheurs sur son sol. Au vu de l’impossibilité d’anticiper le nombre de projets retenus et financés sur une année, cette contribution sera régie par un mécanisme de prépaiement et de correction.

Évoquant la qualité des travaux de recherche menés par les scientifiques établis outre-Manche, Jean-Pierre Bourguignon s’attend à ce qu’un pourcentage important des financements européens continue à être dirigé vers le Royaume-Uni, notamment via le CER.

Ces trois dernières années, le pays a été le deuxième bénéficiaire des subventions de cette institution, après l’Allemagne et loin devant la plupart des autres nations.

Perte d’influence

Ainsi que l’ont fait remarquer les membres de l’organisation anti-Brexit Scientists for EU sur Twitter et dans la presse britannique, outre leur participation via le budget commun, les Britanniques devront également faire une croix sur la « souveraineté » et l’« influence » que leur procurait leur statut d’État membre.

Ils n’auront, en théorie, plus leur mot à dire sur l’orientation de la politique de recherche européenne.

En théorie, car, pour le président du CER, « ce qui compte dans ces discussions, c’est la réalité des choses. Et la réalité des choses, c’est que le Royaume-Uni est un grand pays, par sa taille, par son volume financier, par la qualité de ce qui s’y passe. J’ai du mal à imaginer que les autres pays ignoreront les remarques qui seront faites par les Britanniques ».

Accord d’association

La prochaine étape pour Londres sera donc la négociation de son accord d’association à Horizon Europe.

Dès le 24 décembre dernier, le président de la Royal Society, Adrian Smith, avait appelé le gouvernement britannique à prendre rapidement des mesures. « Tout retard dans la mise en place d'une telle association portera préjudice à la science britannique », avait-il alors souligné dans un communiqué.

Sur ce point, Jean-Pierre Bourguignon s’est dit assez optimiste, laissant entendre que les « dernières indications » en la matière étaient très positives. Il est impératif, a-t-il insisté, « que les scientifiques établis au Royaume-Uni puissent être candidats dès les premiers appels à projets ».

Pour Christian Ehler, en revanche, une ombre persiste quant à cet accord d’association. « L'accord de commerce et de coopération refuserait au Parlement le droit de se prononcer sur les conditions de l'association du Royaume-Uni », a-t-il détaillé à EUROPE, qualifiant cette disposition d’inacceptable.

« En tant que Parlement, nous devons avoir notre mot à dire sur l'association du Royaume-Uni à Horizon Europe, une fois tous les détails de cette association clarifiés », a insisté l'eurodéputé, posant là « une condition pour que nous puissions donner notre approbation à l’accord de commerce et de coopération ». (Agathe Cherki)

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