Après sa sortie définitive de l’Union européenne le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni ne participera pas aux prochains programmes d’éducation et de jeunesse que sont Erasmus+ et le Corps européen de solidarité pour la période 2021-2027.
En 2017, plus de 16 500 étudiants britanniques ont profité d'Erasmus pour aller étudier à l'étranger et plus de 31 700 Européens sont venus au Royaume-Uni.
La Commission européenne rappelle que les pays tiers qui veulent être associés au programme Erasmus+ doivent y participer pleinement afin de garantir les synergies entre les différents domaines du programme. Or, note l’institution, « le Royaume-Uni a demandé une participation partielle au programme, ce qui n'est pas prévu dans l'acte de base établissant Erasmus+ ». Dès lors, le Royaume-Uni a décidé de ne pas y prendre part en tant que pays tiers.
Cependant, la République d'Irlande a annoncé qu'elle comptait financer les bourses Erasmus+ pour les étudiants d'Irlande du Nord (qui fait partie du Royaume-Uni) afin qu'ils puissent continuer à participer au programme.
Pour Thomas Jorgensen, coordinateur des politiques au sein de l’Association des universités européennes (EUA), ce départ est « décevant, tant d’un point de vue émotionnel que pratique ». Il souligne aussi que « les étudiants de l'UE avaient accès au système britannique de prêts contre paiement ». « Nous ne savons pas ce qui va se passer. Si les universités britanniques commencent à facturer des frais plus élevés pour les étudiants de l'UE comme elles le font pour les étudiants du reste du monde, cela aura un impact pour ceux qui recherchent un diplôme complet. Nous devrons également voir comment les universités organisent désormais pratiquement la mobilité à court terme », note-t-il, non sans une certaine anxiété.
Selon la Commission, toutes les activités en cours financées par le cadre financier pluriannuel 2014-2020 se poursuivront comme prévu jusqu'à leur achèvement.
Pour 2021-2027, le Royaume-Uni ne pourra participer qu'aux actions internationales d'Erasmus+ ouvertes à une participation mondiale (soit 5% du budget annuel pour 2021), telles que les actions Jean Monnet ou les masters Erasmus Mundus. Grâce à certaines actions de mobilité, les étudiants de l'enseignement supérieur et les citoyens européens poursuivant un enseignement professionnel pourraient bénéficier d'un programme de mobilité dans un pays tiers et, donc, au Royaume-Uni. Les détails dépendront de l'appel à intérêt qui sera lancé. (Sophie Petitjean)