La diminution attendue du recours à l’huile de palme dans les voitures diesel en raison de la directive européenne révisée sur les énergies renouvelables (2018/2001) pourrait conduire à doubler, voire quadrupler l’utilisation de l’huile de soja dans les biocarburants en Europe d’ici 2030, indique une étude de l’ONG Transport & Environment (T&E) publiée le 8 novembre.
L’ONG craint ainsi que le vide laissé par l’huile de palme sur le marché européen des biocarburants ne soit comblé pas une intensification des importations européennes de soja, entrainant une déforestation d’une échelle sans précédent dans les forêts tropicales et les zones humides.
L’étude estime en outre que la part de l’expansion récente du soja sur des terres présentant un important stock de carbone (les forêts, par exemple) est supérieure à 10%, seuil fixé par les règles de l’UE à partir duquel une culture de biocarburants est considérée non durable.
T&E appelle par conséquent l’UE à modifier sa législation. « La Commission européenne a déjà décidé que le diesel de palme ne serait plus considéré comme un carburant vert. Elle devrait maintenant faire de même pour le diesel de soja », a ainsi déclaré Cristina Mestre, responsable des biocarburants chez T&E.
En 2019, quelque deux milliards de litres de biocarburants à base d’huile de soja ont été consommés dans l’UE, selon l’ONG.
Voir l’étude : https://bit.ly/36CrhB9 (Damien Genicot)