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Bulletin Quotidien Europe N° 12576
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Le PE refusera que le Conseil de l'UE détermine seul la présidence de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, estime Pascal Durand

Comme nombre de personnalités fédéralistes européennes, Pascal Durand (Renew Europe, français) vit mal le retard pris dans les préparatifs de la Conférence sur l'avenir de l'Europe.

Certes, la situation sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 complique la donne, mais d'autres considérations, liées à la gouvernance de cet exercice de consultation des citoyens, retardent le démarrage des travaux - qui doivent durer jusqu'en 2022 - et donnent l'impression que l'Europe demeure empêtrée dans ses travers institutionnels.

Le « turbo » annoncé par le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth, afin d'accélérer les discussions entre le Conseil, le PE et la Commission sur un accord interinstitutionnel détaillant les objectifs et les modalités de la conférence, ne semble pas totalement enclenché. Or, des résultats sont attendus d'ici deux ans, sous Présidence française du Conseil, en vue des élections européennes de 2024 (EUROPE 12550/20).

« Le turbo annoncé vient après un an de jachère ! Je ne suis pas rassuré par M. Roth. (...) Je n'entends plus parler de ce qui devait être l'originalité de la conférence, à savoir sortir de la logique des conventions interinstitutionnelles » en donnant la parole aux citoyens, au CESE, au Comité des régions, aux ONG et à la société civile, a déclaré M. Durand, mardi 6 octobre à EUROPE. Il a exprimé ses « doutes sur la volonté du Conseil de mettre en œuvre ce qui avait été décidé il y a plus d'un an », a-t-il ajouté.

Sans nier les difficultés, M. Durand est d'avis que la relance des travaux au Parlement européen en temps de Covid-19 prouve qu'il est possible de débattre en respectant la distanciation sociale, notamment par visioconférence. S'appuyant sur l'expérience des instituts de sondages, il ne voit pas non plus de problèmes dans la sélection de panels représentatifs de citoyens européens. Et l'idée française d'organiser des travaux de la conférence au siège du PE à Strasbourg permettra de « sortir de la bulle bruxelloise ». 

Le principal point de blocage des discussions interinstitutionnelles concerne la présidence de la future conférence. En janvier, le Parlement avait imaginé une structure de gouvernance permettant au groupe Renew Europe d'assumer un rôle de coordination, une tâche devant revenir au Belge Guy Verhoftstadt (EUROPE 12405/1).

Face à la réticence de plusieurs États membres à l'idée de nommer un fédéraliste convaincu, le Conseil de l'UE préconise de choisir une personnalité européenne indépendante choisie par le trio institutionnel (EUROPE 12513/25).

« Normalement, cela devait être un représentant du Parlement et même un élu du groupe Renew Europe. La personnalité de Guy Verhofstadt avait été communément portée », a confirmé M. Durand. « Sans qu'on sache pourquoi, les choses ont été bloquées. (...) On a dit : il faut un accord interinstitutionnel sur le nom de la personne. Cela ne peut pas être un eurodéputé, parce que le Conseil ne sera pas d'accord. Maintenant, il faut l'unanimité au Conseil », a-t-il ajouté, critiquant « un dérapage anormal d'une procédure ».

L'eurodéputé a mis en garde les États membres contre la tentation du passage en force. « Le Parlement n'acceptera pas que le Conseil décide la personnalité qui va présider. Ce serait, encore une fois, mettre le doigt dans une logique intergouvernementale », a-t-il considéré.

Plusieurs noms circulent comme possibles candidats mis en avant par le Conseil : l'ancienne Première ministre danoise, la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt, l'ancien eurodéputé du groupe PPE, le Finlandais Alexander Stubb, voire Danuta Hübner (PPE, polonaise).

M. Durand ne croit pas du tout à une présidence chrétienne-démocrate. « Ce serait incohérent : ce n'est pas le PPE qui a voulu la conférence. Il y aurait une majorité pour s'y opposer », a-t-il estimé. Même chose concernant une possible présidence bicéphale. (Mathieu Bion)

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