Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a dénoncé, mercredi 7 octobre, la décision du soi-disant 'Premier ministre' de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), Ersin Tatar, soutenu par la Turquie, de rouvrir au public, dès ce jeudi, la zone littorale de Varosha, dans le nord de l’ile.
Cette zone est devenue fantôme après l'invasion turque en 1974 et sa clôture par les militaires turcs. La RTNC et ses dirigeants ne sont reconnus que par la Turquie.
« L'ouverture de cette zone, qui est une zone fermée selon les accords de cessez-le-feu sous les auspices des Nations unies, est une violation grave de cet accord », a affirmé M. Borrell devant le Parlement européen. Il a demandé à la Turquie de mettre un terme à cette activité.
Selon lui, cette décision va accroître les tensions et rendre plus difficile la conclusion d'un accord sur une « situation particulièrement difficile » en Méditerranée orientale.
La veille, dans une déclaration, il avait déjà expliqué que l’annonce allait provoquer des tensions accrues et risquait de compliquer les efforts en vue de la reprise des pourparlers de règlement de la question chypriote. « Ce qui est urgent maintenant, c'est de rétablir la confiance et non de créer de plus grandes divisions », avait-il prévenu. Le Haut Représentant a ajouté qu'il était essentiel de pleinement respecter des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies.
M. Borrell a précisé que l’UE était en contact étroit avec les Nations Unies et suivait de près la situation sur le terrain. (Camille-Cerise Gessant)