Les discussions au Parlement européen sur le rôle de l'Union européenne dans la recherche d'une solution à la crise politique vénézuélienne ont encore tourné à l'affrontement entre la gauche et la droite espagnoles, mercredi 7 octobre.
Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a tenté de convaincre les représentants espagnols des groupes PPE, Renew Europe et CRE que la mission de deux diplomates du Service européen d'action extérieure dépêchés à Caracas à la mi-septembre n'était « pas clandestine » (EUROPE 12568/17).
À l'instar des trois précédentes missions du Groupe de contact international, cette mission, a dit M. Borrell, avait été demandée par Juan Guaidó et communiquée à tous les États membres. Elle a permis de rencontrer le régime Maduro, l'opposition politique, l'Église, le secteur privé et le monde académique. L'Église prône une participation de l'opposition aux élections législatives du 6 décembre pour ne pas laisser le champ libre à Nicolás Maduro.
Selon le Haut Représentant, l'objectif était clair : transmettre au régime Maduro la position de l'UE selon laquelle, pour créer les conditions de la tenue d'élections législatives démocratiques qui autoriseraient l'UE à observer le scrutin, un report de plusieurs mois était nécessaire.
Reporter les élections permettait de « maintenir la porte ouverte à la négociation politique », a souligné M. Borrell. Néanmoins, a-t-il ajouté, le fait que Caracas refuse cette éventualité aggrave la crise politique dans le pays et met fin à toute réflexion sur l'envoi d'une mission d'observation électorale.
À gauche de l'hémicycle, les groupes S&D, Verts/ALE et GUE/NGL ont soutenu la volonté de l'UE de discuter avec l'ensemble des forces politiques. À droite, les groupes PPE, Renew Europe et CRE sont d'avis que la mission a légitimé le régime Maduro.
« Un enchaînement de mensonges et de demi-vérités ne font pas une vérité ! », a lancé Dolors Montserrat (PPE, espagnol) à M. Borrell. Ce dernier lui a rétorqué : « Vous avez organisé un scandale sans fondement simplement pour agiter et, je le crains, combattre le gouvernement espagnol ». (Mathieu Bion)