Les trois autorités européennes de supervision financière (AES) - l'ESMA pour les marchés financiers, l'ABE pour le secteur bancaire et l'EIOPA pour le secteur assurantiel - ont publié, mardi 22 septembre, leur premier rapport conjoint d'évaluation des risques du secteur financier depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19.
L'apparition du coronavirus a entraîné des répercussions inévitables sur le secteur financier de l'UE. « Les risques de liquidité, de crédit et de solvabilité ont augmenté dans tous les domaines », constatent en effet les AES.
Alors que les positions de liquidité des banques de l'UE sont restées relativement fortes, le secteur des fonds d'investissement de l'UE a été confronté à une détérioration significative de la liquidité des actifs dans certains segments, indique le rapport.
La pandémie a aussi amplifié les inquiétudes quant à la rentabilité de tous les secteurs financiers et devrait entraîner une détérioration de la qualité des actifs dans le secteur bancaire de l'UE.
Les institutions de retraite professionnelle (IRP) de l'UE ont également été vivement touchées par la pandémie et la faiblesse prolongée des taux d'intérêt. Cette situation pourrait entraîner, selon les AES, une baisse importante des ratios de couverture et de financement.
Compte tenu de l'incertitude quant à l'ampleur et la durée de la crise, les trois autorités soulignent l'importance que le secteur financier reste bien capitalisé. À cet égard, elles demandent aux établissements financiers de veiller à ce que l'évaluation de leurs fonds propres soit prospective et tienne compte des incertitudes actuelles, tout particulièrement en suivant « des politiques prudentes en matière de dividendes et autres distributions, y compris des rémunérations variables ».
Dans le même temps, les AES préconisent aux autorités de surveillance et aux banques de faire usage de la flexibilité prévue par le cadre réglementaire existant, notamment pour utiliser les réserves de fonds propres et de liquidités pour absorber les pertes, et ainsi garantir la poursuite des prêts à l'économie
Voir le rapport des AES : https://bit.ly/3mFNCER
Moratoires. En revanche, l'ABE a estimé, lundi, qu'il n'était pas nécessaire de reconduire après fin septembre ses orientations d'avril relatives aux moratoires sur le remboursement d'emprunts de la part d'entreprises et de particuliers qui ont été décidés avant fin juin 2020 (EUROPE 12461/14).
Les effets de ces moratoires continueront à se faire sentir sur une durée estimée entre six mois et un an, a-t-elle noté. Et d'estimer « opportun » de revenir à une pratique où les décisions sont prises au cas par cas. (Marion Fontana avec Mathieu Bion)