Lotte Knudsen, directrice exécutive du Service européen pour l’action extérieure pour ‘les droits de l’homme, les affaires globales et multilatérales, sur le multilatéralisme et le rôle de l’UE’, a mis en avant, mardi 22 septembre, une Organisation des Nations unies de plus en plus polarisée en son sein.
« Au cours des dernières années, la situation a été marquée par un retrait de plus en plus important des États-Unis (…) alors que la Chine entre de manière de plus en plus efficace dans le système international », a-t-elle expliqué à la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Selon Mme Knudsen, cela « s’accélère à cause de la pandémie et on arrive à une polarisation jamais vue avant ». La directrice exécutive a notamment souligné les divisions au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies. « La Chine est présente et agressive partout dans l’organisation », y compris au sein des agences, a-t-elle ajouté.
Face à cette polarisation, les Européens doivent renforcer leur coopération. Selon Mme Knudsen, l’an dernier, la présence de cinq États membres au Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique et Pologne) a « permis une certaine influence, grâce à la coordination » entre eux. « Nous arrivons à mieux nous coordonner, les États membres se rendent compte qu'ils ont plus d’influence quand ils sont unis », a-t-elle ajouté.
La directrice exécutive a ajouté que les Européens avaient également compris qu’il fallait rechercher des alliances au-delà des traditionnels partenaires que sont le Canada ou la Nouvelle-Zélande. « Nous voulons faire preuve d’un leadership aussi important que possible. Il y a une vraie demande de leadership. Des États veulent un autre choix que les États-Unis ou la Chine, il peut y avoir des convergences ponctuelles », a-t-elle expliqué aux députés. (Camille-Cerise Gessant)