Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen veut un vrai changement de cap dans les politiques européennes d’asile et de migration, mais se disait encore « inquiet » de « certaines rumeurs », mardi 22 septembre à la veille de la présentation par la Commission européenne de son 'Pacte sur l’asile et la migration'.
Lors d’un briefing avec l’eurodéputé français Damien Carême, le groupe a rappelé son soutien aux propositions de 2016 largement adoptées en 2017 par le PE et qui prévoyaient notamment des renvois automatiques des demandeurs d’asile arrivant dans un pays vers le pays membre de son choix. Le groupe veut aussi abolir la règle de Dublin qui fait du premier pays d’entrée le pays responsable de la demande d’asile, « ce qui fait que des pays comme l’Italie, Malte et la Grèce sont submergés ».
L’élu a rappelé que le PE voulait un premier effort d’accueil volontaire, mais « il faudra ouvrir des places d’accueil avec une clef de répartition » si le premier effort est insuffisant. L’inquiétude des Verts/ALE est que « l’on entend que le principe de Dublin (pays de première rentrée) va rester alors que l’on nous a dit que l’on retirait 'Dublin' ». Le groupe redoute ainsi de nouveaux 'Moria' et craint aussi des procédures aux frontières accélérées. Il appelle à « un changement en profondeur » de la politique européenne pour ne plus revivre les impasses actuelles.
La veille au soir, le ministre français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, avait livré sa version des choses. « Il faut compléter 'Dublin' par un mécanisme de solidarité permanente et structurante que nous n'avons toujours pas aujourd'hui. C'est ça que nous devons retrouver », avait-il dit. « On ne peut pas avoir un système d'asile et de migration qui ne contienne pas de règles de responsabilité (enregistrement, reconduite rapide) avec un soutien européen. Il faut aussi un pilier de solidarité. Pour les migrants qui ont droit à l'asile, il n'y a pas de raison que quelques pays seulement les prennent en charge », a ajouté le Français, estimant qu’il « faut des paramètres nouveaux pour dépasser la question des relocalisations obligatoires. On peut imaginer des modalités différenciées ou plus flexibles ».
La Commission européenne présentera ce 23 septembre un ensemble de nouvelles législations, plans et communications. La présidente, Ursula von der Leyen, a déjà annoncé, le 16 septembre, que le règlement de Dublin actuellement sur la table serait retiré pour le remplacer par un nouveau cadre de gestion de l’asile et de la migration. (Solenn Paulic avec Mathieu Bion)