L’ambassadeur chinois auprès de l’UE, Ming Zhang, a plaidé, lundi 21 septembre, devant la commission des Affaires étrangères du PE, pour une coopération pacifique entre l’UE et la Chine.
« Il n’y a pas de doutes : il y a des différences et des désaccords (…) Ce qui compte, c'est d'avoir une coopération pacifique, un dialogue et des consultations et de gérer les différences », a-t-il expliqué, promettant que son pays voulait faire la moitié du chemin, sous-entendant que l'UE devrait faire l'autre moitié.
Selon l'ambassadeur, au cours des trois dernières années, la Chine s'est classée au premier rang en matière de coopération commerciale. Et d’ajouter que les secteurs auxquels l'UE accorde le plus d'importance - la finance, les infrastructures, les transports et l'automobile - sont plus ouverts. À l'inverse, si « le partenariat avec l'UE a donné lieu à de nombreuses expériences positives », « les Chinois se plaignent de plus en plus dans l'UE. Les relations sont moins amicales et l'incertitude en hausse », a-t-il regretté.
Ming Zhang a aussi estimé que les dialogues à haut niveau lancés sur le climat et l’environnement et sur le numérique pourraient offrir plus d’occasions d’enrichir la coopération et devaient être pris au sérieux. Selon lui, la politique de l’UE sur la 5G et les règles de concurrence a miné la confiance des entreprises chinoises. « Il faut prendre au sérieux les problèmes des entreprises chinoises et s'y attaquer », a-t-il expliqué.
L’ambassadeur est également revenu sur les critiques européennes envers la Chine. « Lorsque l'on commente la Chine, il faut respecter les faits. Nous accueillons les critiques bien intentionnées, mais pas les attaques malveillantes et nous ne permettons pas d'ingérence dans les affaires intérieures », a-t-il prévenu.
Ainsi, selon Ming Zhang, « le gouvernement chinois respectera le ‘un pays, deux systèmes’ et respectera pleinement les droits civils » à Hong Kong. « Dans le passé, Hong Kong a été une colonie pendant plus de 100 ans. Mais la colonie n'existe plus, donc plus personne n'a de responsabilité », a-t-il lancé.
Pour l’ambassadeur, les pays voulant avoir des contacts officiels avec Taïwan, qui fait « partie de la Chine », ne respectent pas le principe d'une seule Chine. « Nous espérons vivement que la communauté internationale sera en mesure de protéger le principe d'une seule Chine et d'agir contre les forces qui veulent lui nuire », a-t-il plaidé.
Enfin, le représentant chinois a expliqué la situation au Xinjiang. « Il y a des activités pour lutter contre le terrorisme dans le Xinjiang et essayer de prévenir les activités extrémistes. Les efforts doivent être reconnus », a-t-il demandé.
Il a qualifié de « fausses informations » celles sur les détentions et le travail forcé. « Nous invitons les forces internationales à venir visiter le Xinjiang (...) pour voir la situation réelle », a-t-il lancé. (Camille-Cerise Gessant)