Le Parlement européen s'est dit favorable, jeudi 28 novembre, à la tenue « dès que possible » de nouvelles élections présidentielles en Bolivie, étape « indispensable » à un retour au calme dans le pays andin, dans une résolution conjointe des groupes PPE, S&D, Renew Europe et CRE adoptée à une large majorité (425 voix pour, 132 contre et 109 abstentions).
Les députés, qui se sont déjà prononcés pour l'envoi d'une mission électorale de l'Union européenne lors des prochaines élections (EUROPE 12369/9), demandent aux nouvelles autorités du pays, et notamment à la présidente autoproclamée, Jeanine Añez, de garantir « la crédibilité » du processus. Ils préconisent notamment la formation d'une « nouvelle Cour électorale indépendante ».
Selon l'Organisation des États américains, le précédent scrutin présidentiel a été entaché de graves irrégularités, notamment l'arrêt pendant 20 heures du décompte des voix. Après avoir clamé sa victoire, le président bolivien sortant, Evo Morales, a été contraint de fuir le pays, qui a ensuite plongé dans le chaos. Plus de trente personnes ont été tuées lors d'émeutes.
Considérant que la précédente élection est « nulle et non avenue », les députés ont d'ailleurs rejeté l'amendement du groupe GUE/NGL qui condamnait « le coup d’État perpétré par la police et l’armée » contre le gouvernement légitime de M. Morales.
Le PE salue par ailleurs la décision de retirer les forces armées des zones de manifestation et d’abroger une loi qui leur donnait toute latitude pour user de la force. Il demande que soient ouvertes rapidement des enquêtes approfondies et impartiales sur les violences perpétrées, les responsables devant être traduits en justice.
Voir la résolution adoptée : http://bit.ly/37EtBae (Mathieu Bion)