Les États membres de l'UE doivent rester vigilants quant au développement des nouvelles technologies et à leur impact sur la sécurité intérieure, qu’il s’agisse de l'intelligence artificielle, des véhicules aériens sans pilote, des nouveaux réseaux de communication et des environnements en ligne qui « peuvent soutenir le travail des autorités, mais peuvent également être utilisés à des fins illégales ».
Ce message est l’un des axes du rapport sur l’avenir de la politique de sécurité intérieure dans l’UE que la Présidence finlandaise du Conseil soumettra le 2 décembre aux ministres de l’Intérieur de l’UE réunis à Bruxelles.
Ceux-ci seront aussi invités à apprendre à gérer au mieux toutes les données qui seront à disposition des autorités répressives alors que les dispositifs d’interopérabilité se mettent en place et permettent des accès simultanés à davantage de données. Ainsi, dans un rapport daté du 22 novembre et vu par EUROPE, la Présidence finlandaise estime qu'il faudrait peut-être travailler à l’élaboration d’un cadre sur la bonne utilisation de toutes ces informations disponibles.
« La coopération en matière répressive au niveau de l'UE s'appuiera de plus en plus sur des solutions technologiques et des systèmes d'information améliorés et plus efficaces, ainsi que sur leur interopérabilité. À l'ère des grands volumes de données numériques, les autorités répressives ont accès à plus de données et d'informations que jamais auparavant », explique la Présidence, qui note aussi que, dans certains cas, les données dont disposent les autorités sont incomplètes ou de faible qualité, ce à quoi il faut aussi remédier.
La réflexion doit aussi être lancée sur la façon dont les agences européennes en matière de sécurité, comme Europol ou eu-LISA, peuvent remplir toutes leurs missions dans un contexte de ressources limitées.
Enfin, il est nécessaire de réfléchir à une meilleure interaction de ces agences avec les entités privées et non plus seulement avec les pouvoirs publics, la Présidence se demandant s’il ne faudrait pas revoir la base juridique d’Europol pour demander et recevoir des données personnelles directement des organes privés.
Lundi, les ministres auront également une discussion sur la mise en œuvre des règles sur l'interopérabilité des systèmes d'information adoptées au début de l'année 2019. (Solenn Paulic)