Plusieurs groupes politiques du Parlement européen ont avancé des solutions pour contrecarrer les ingérences étrangères dans les démocraties et les élections européennes, lors d'un débat qui s’est tenu mercredi 27 novembre, en plénière, à Strasbourg. Certains ont aussi mis en garde contre des risques internes à l’Union européenne.
« Avec les cinquante élections qui se tiendront à tous les niveaux en Europe d’ici à la fin 2020, il faut prendre ces menaces au sérieux », a soutenu Caroline Voaden (Renew Europe, britannique), plaidant pour que le code de conduite de l’UE sur la désinformation soit renforcé (EUROPE 12359/5).
Kati Piri (S&D, néerlandaise) a à nouveau réclamé une commission d’enquête permanente au PE, pour obtenir des informations sur les risques encourus et enquêter en profondeur sur tous les épisodes récents d’ingérence.
Les groupes S&D et Renew Europe ont également appelé à une réforme des lois électorales européennes, désormais caduques au vu des avancées technologiques.
En revanche, le Français Jordan Bardella, qui s’exprimait au nom du groupe Identité et Démocratie, n'a mis en avant aucune requête. Il a reproché aux partis traditionnels de mettre en avant l’ingérence étrangère pour « renforcer l’idée que la Russie de Vladimir Poutine se cacherait derrière les succès des forces souverainistes ».
Věra Jourová, future vice-présidente de la Commission aux Valeurs et à la Transparence, a assuré que le travail initié par l'équipe précédente serait poursuivi (EUROPE 12257/10). Elle souhaite en particulier se concentrer sur « le financement des partis politiques européens et la publicité pour l’action politique ».
Menaces européennes. Plusieurs groupes ont, quant à eux, mis en garde contre des menaces internes à l’UE.
« Bien des gens de nos États membres acceptent volontiers l’aide de ces acteurs extérieurs dans leur quête de pouvoir », a averti Caroline Voaden. La députée, rejointe sur ce point par Kati Piri, a notamment fait allusion au récent refus de Boris Johnson de publier un rapport sur les tentatives d’ingérence russes dans la politique britannique.
Sergey Lagodinsky (Verts/ALE, allemand) a jugé nécessaire de « suivre de près certains de nos collègues ». « Il y a des partis au sein de notre assemblée qui méprisent la démocratie », a-t-il ajouté, pointant du doigt les élus issus du parti AfD allemand ayant tissé des liens avec la Russie.
« Nous aussi, nous devons balayer devant nos portes et renforcer nos institutions démocratiques », a-t-il déclaré. (Agathe Cherki - stage)