Le Conseil des gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité (MES), composé des ministres des Finances de la zone euro, a approuvé, jeudi 13 juin, le cahier des charges de l’évaluation de l’assistance financière qui a été fournie à la Grèce de 2010 à 2018.
Cette évaluation indépendante, qui sera supervisée par Joaquín Almunia (EUROPE 12199/28), ancien vice-président de la Commission européenne, au second semestre de cette année et au début de l’année 2020, aura notamment pour objectif d’évaluer la pertinence et l’efficacité des trois programmes d’assistance macroéconomique dont la République hellénique a fait l’objet.
« J’attends avec impatience le rapport qui sera préparé sous la responsabilité de M. Almunia, afin que le MES puisse tirer les leçons et être encore plus efficace dans l’exercice de sa mission et la réponse à de futures crises », a déclaré à ce titre Klaus Regling, le directeur général de l’organisation.
Cinq axes de travail ont été identifiés : - la contribution des programmes à la stabilité financière de la zone euro et l’évolution du cadre de gestion de crise ; - la pertinence des programmes pour une croissance inclusive et durable en Grèce ; - l’évaluation des risques et l’adaptation des programmes pour faire face à ceux-ci ; - l’évaluation de la soutenabilité de la dette à la lumière des objectifs des programmes ; - la coopération entre le MES et les partenaires nationaux et internationaux.
Une évaluation de ce type a déjà été effectuée en 2017, sous la houlette de Gertrude Tumpel-Gugerell, concernant les programmes d’assistance financière pour Chypre, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal ainsi que pour la Grèce jusqu’en 2014 (EUROPE 11809/3).
Par ailleurs, lors de la conférence de presse faisant suite à la réunion des gouverneurs du MES, M. Regling a souhaité rappeler l’importance pour Athènes de respecter les engagements pris concernant les réformes socioéconomiques et la trajectoire budgétaire dans le cadre de la fin de la tutelle financière (EUROPE 12077/1, 12046/1).
En outre, il a réaffirmé, à l’instar de ses déclarations à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe de mai (EUROPE 12257/7), être « inquiet » quant à l’impact des dernières mesures, notamment fiscales, adoptées par le Parlement grec le mois dernier sur la trajectoire budgétaire et sur le respect de l’engagement d’Athènes d’avoir un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de +3,5% du PIB cette année. Cette analyse est d’ailleurs partagée par la Commission, comme il ressort du troisième rapport au titre du cadre de surveillance renforcée, dont Athènes fait l’objet (EUROPE 12269/2).
Par ailleurs, une discussion sur ce rapport est prévue pour la réunion de l’Eurogroupe du 8 juillet. (Lucas Tripoteau)