La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a énoncé six recommandations pour renforcer la résilience de l'Eurozone, jeudi 13 juin à Luxembourg, en marge de l'Eurogroupe (EUROPE 12274/1).
Le parachèvement de l'union bancaire par l'introduction d'un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS) est la priorité numéro un, selon l'organisation financière internationale.
Mme Lagarde a aussi vu d'un bon œil que le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, devienne le filet de sécurité ('backstop') du Fonds de résolution unique, mais elle a souhaité une prompte activation du MES, en cas de nécessité, lors d'une résolution bancaire. « Ce n'est pas le cas actuellement », a-t-elle estimé.
Le FMI prône une accélération des travaux visant à concrétiser l'union des marchés de capitaux. « Tout le monde est d'accord, mais la question ne semble pas avancer », a constaté Mme Lagarde pour qui il conviendrait d'établir des exigences uniques en matière de reporting pour les entreprises et établir des normes minimales communes en matière d'insolvabilité.
Autre recommandation: doter la future capacité budgétaire de la zone euro d'une fonction de stabilisation en cas de choc macro-économique. L'Eurogroupe travaillait, jeudi soir, sur un budget de la zone euro destiné plutôt à soutenir l'investissement et à stimuler les réformes institutionnelles.
Mme Lagarde a, par ailleurs, préconisé « une simplification » des règles budgétaires européennes, dont le critère de la dette serait « l'ancre » et l'outil opérationnel serait le ratio « dépenses publiques par rapport au PIB ».
Sur le cadre financier pluriannuel, le FMI est d'avis que le budget de l'UE doit davantage inciter les États membres à mettre en œuvre des réformes structurelles.
Enfin, Mme Lagarde a estimé que les règles européennes de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme devaient être appliquées de manière plus « centralisée ». En réponse au scandale impliquant Danske Bank, la dernière réforme des autorités européennes de supervision financière a attribué à l'Autorité bancaire européenne un rôle accru en la matière (EUROPE 12237/15), mais son nouveau président, José Manuel Campa, a récemment admis, dans les colonnes du Financial Times, que le mandat octroyé n'allait pas régler le problème.
Plus d'informations sur les recommandations du FMI: http://bit.ly/2WFFlr6 (Mathieu Bion)