Les États membres de l'UE ont voté majoritairement dès le premier tour en faveur de la capitale de la Slovaquie, Bratislava, comme siège de la future Autorité européenne du travail, en marge du Conseil ‘Emploi et Politique sociale’ (EPSCO), à Luxembourg, jeudi 13 juin.
Ainsi, à l’issue du vote à bulletin secret, Bratislava a reçu 15 voix dès le premier tour, soit la majorité. Les autres capitales en lice également pour récupérer le siège, à savoir Nicosie, Riga et Sofia, ont reçu respectivement 7 voix pour la première et 3 voix pour les deux dernières.
Selon les spéculations, Bratislava compterait parmi ses soutiens certains États membres du groupe de Višegrad, la Croatie, la Slovénie, l’Allemagne, Malte, la Finlande, la Grèce, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni.
Dès le début, Bratislava était partie favorite (EUROPE 12269/16). Elle avait été, il est vrai, la candidate malheureuse durant le processus de sélection pour la relocalisation de l’Agence européenne des médicaments. Par ailleurs, Bratislava est située au centre de l’Union européenne et représente, pour ainsi dire, le carrefour entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est, nous a-t-on expliqué.
Il s’agit là d’une première étape. Ján Richter, le ministre slovaque du Travail, des Affaires sociales et de la Famille, en a détaillé le processus à EUROPE. « C'est notre obligation directe, à Bratislava, de préparer (…) tous les locaux pour qu'à partir du premier octobre, 23, peut-être 26 employés de l’Autorité européenne du travail, puissent commencer à travailler à Bratislava », a expliqué le ministre.
« En ce qui concerne le calendrier, fin octobre, à Bruxelles, devrait avoir lieu la première réunion du conseil d'administration (management board). Tous les États membres seront présents dans ce conseil d'administration, puis les États membres du conseil d'administration voteront pour le président et le vice-président », a poursuivi le ministre slovaque.
Il a indiqué qu’il reviendra à la Commission européenne de décider des conditions de gestion du personnel et du directeur exécutif. Ce sera au conseil d'administration de voter pour nommer la personne qui occupera ce poste de haut niveau. « Je suppose que (la procédure) sera très similaire aux procédures des autres institutions européennes », a ajouté M. Richter, qui s’attend, d’ici 2 ans, à ce que l’Autorité emploie plus de 140 travailleurs.
Déjà à l’heure actuelle, cinq à six personnes travaillent à Bruxelles afin de préparer l’Autorité européenne du travail. Le calendrier serait prévu comme suit : une fois le règlement entré en vigueur, la Commission européenne devrait présenter sa lettre de nominations pour le conseil d’administration, fin juin ou début juillet, pour lancer la procédure d’appel à candidatures qui devrait prendre fin en septembre. Dès octobre, se tiendra alors la première réunion inaugurale de ce conseil, nous a-t-on confirmé. Le directeur exécutif devrait être élu l’année prochaine.
Travailleurs d’États tiers. Interrogé par EUROPE sur sa vision des tâches qui incomberont à la future Autorité, le ministre slovaque a insisté sur la nécessité de contrôler également les travailleurs en provenance de pays tiers. « Si nous avons des travailleurs de Moldavie ou de Serbie, lorsqu'ils entrent dans l'Union européenne, ils sont ici, comme d'autres personnes, sur le territoire de l'Union européenne - bien sûr pas exactement comme des citoyens de l'UE - mais ils sont ici sur le marché du travail européen. C'est pourquoi nous ne pouvons pas éviter la question des ressortissants de pays tiers, parce qu'ils font partie du marché du travail européen », a-t-il analysé.
Règlement adopté. Le même jour, les ministres ont adopté le règlement établissant l’Autorité à une solide majorité. Seules la Hongrie, l’Autriche et la Suède ont voté contre. Son entrée en vigueur est prévue mi-juillet. (Pascal Hansens)