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Bulletin Quotidien Europe N° 12274
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Italie

Début des tractations destinées à éviter l'ouverture d'une procédure d'infraction aux règles budgétaires de l'UE

Dans une atmosphère jugée « constructive », les discussions entre l'Italie, ses pairs au sein de l'Eurogroupe, et la Commission européenne ont débuté, jeudi 13 juin à Luxembourg, en vue d'éviter l'ouverture, début juillet, d'une procédure pour déficit excessif sur critère de la dette publique italienne (EUROPE 12269/1).

Le ministre italien, Giovanni Tria, a rencontré le commissaire à l'Euro, Valdis Dombrovskis, et fera de même avec le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, ce vendredi.

L'heure n'est pas encore à la présentation de chiffres ou de mesures supplémentaires qui permettraient à l'Italie de respecter ses engagements budgétaires pour 2019, à savoir une réduction de la dette publique et une amélioration du déficit structurel (hors effets de la conjoncture) de 0,6% du PIB national sur la période 2019-2020.

« Nous démontrerons que nous atteindrons nos objectifs », a déclaré M. Tria, convaincu que son pays n'aura pas besoin d'élaborer un budget rectificatif pour y parvenir.

Dans l'entourage du ministre italien, on soulignait que la grande majorité des Dix-neuf ne souhaitent pas un conflit avec l'Italie, en raison notamment des risques pesant déjà sur l'économie de la zone euro.

En écho à la position du Comité économique et financier (CEF) du Conseil de l'UE (EUROPE 12272/2), les partenaires de l'Italie attendent des autorités italiennes qu'elles présentent des données additionnelles expliquant leur situation budgétaire.

« J'attends des ministres des Finances qu'ils manifestent leur soutien à la Commission, comme l'a fait le CEF. Je suis prêt à examiner des chiffres nouveaux avec M. Tria. Ma porte est ouverte. Si elle l'est, il faut qu'on y entre avec des faits nouveaux », a déclaré M. Moscovici, soulignant une volonté partagée d'éviter l'ouverture inédite d'une procédure d'infraction. « Mais nous sommes prêts, au besoin », a-t-il averti. Pour M. Dombrovskis, quels que soient les éléments additionnels qui seront mis en avant, « cela requerra de toute manière une correction substantielle de la trajectoire budgétaire italienne ». 

L'Eurogroupe, toujours en cours à l'heure de mettre sous presse, ne devait pas adopter de déclaration sur l'Italie, contrairement à ce que les ministres avaient fait fin 2018 lors des tractations sur le projet de budget italien pour 2019 (EUROPE 12152/3). Le vrai rendez-vous est fixé au Conseil Ecofin du mardi 9 juillet, au lendemain d'un Eurogroupe décisif.

Le ministre français, Bruno Le Maire, a souhaité que « l'Italie saisisse la main tendue par la Commission européenne pour prendre les mesures appropriées ». Comme son homologue allemand Olaf Scholz, il a rappelé l'importance, pour la force de la zone euro, d'en respecter les règles budgétaires.

Le président de l'Eurogroupe, Mário Centeno, a relevé l'importance pour la « crédibilité » du pays des récentes déclarations du gouvernement italien selon lesquelles l'Italie respecterait ses engagements.

Présentant à Luxembourg le rapport annuel du FMI sur la zone euro, la directrice de l'organisation financière internationale, Christine Lagarde, a fait indirectement allusion à l'Italie, notant « le manque d'appétence pour l'ajustement budgétaire et les réformes dans les pays qui en ont le plus besoin, une attitude qui les expose aux changements de perception des marchés financiers ».

Minibonds. Interrogés sur l'idée promue au Parlement italien d'émettre des titres ('minibonds') alternatifs à l'euro, plusieurs ministres ont botté en touche. La ministre espagnole, Nadia Calviño, s'en est tenue aux déclarations du président de la BCE, Mario Draghi, selon lequel, soit il s'agit d'une monnaie concurrente à l'euro, chose illégale, soit il s'agit de titres qui accroîtront la dette publique. (Mathieu Bion avec Lucas Tripoteau)

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