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Bulletin Quotidien Europe N° 12274
INSTITUTIONNEL / Id

Le nouveau groupe parlementaire « Identité et Démocratie » laisse ses portes grandes ouvertes

Le nouveau groupe parlementaire Identité et Démocratie (ID) s’est présenté, jeudi 13 juin, à la presse. Avec 73 eurodéputés – 76 après le Brexit – issus de France, d'Allemagne, de Belgique, de Finlande, d'Autriche, de République tchèque, du Danemark et d'Estonie, le groupe ID n’a finalement pas réussi à rassembler tous les populistes, qui restent divisés dans divers groupes.

« C’est vrai, nous n’avons pas pu constituer ce groupe uni pour différentes raisons. Il y a la question du Brexit, qui ne s’est pas encore matérialisé et cela a pesé », a expliqué Marco Zanni, qui, mercredi, a été élu Président du groupe (EUROPE 12273/28).

Loin d’être une « défaite » pour l’eurodéputé italien de la Lega, il s’agit d’un « point de départ » pour ce groupe, dont les portes restent ouvertes. Marco Zanni a ainsi confirmé les discussions avec le Brexit Party de Nigel Farage, ainsi qu’avec le parti espagnol Vox, qui pourrait finalement rejoindre le groupe CRE (EUROPE 12267/1). « S’agissant d’Orbán, jamais sa participation au PPE n’a été remise en cause », a-t-il en revanche clarifié.

« On ne doit pas s’en tenir à des logiques comptables de groupe. Il y a des alliances, mais il y a aussi - et elles vont être essentielles - des convergences. Ce bouleversement voit émerger, au-delà de la constitution des groupes, un bloc souverainiste d’à peu près 200 voix qui aura une influence majeure sur les futurs équilibres et maintiendra une pression constante », a estimé la présidente du Rassemblement national (RN) français, Marine Le Pen.

Mais en quoi ID sera-t-il différent de l’ENL ? Pour Marine Le Pen, les deux groupes ne sont pas portés par la même dynamique. « Le fait que des membres d’ID participent ou aient participé à des gouvernements nous donne, à l’évidence, une maturité nouvelle, un niveau d’expertise et d’expérience qui changent la nature de notre groupe », a-t-elle indiqué.

Interrogé sur un changement stratégique et une participation plus active au sein du PE de ce nouveau groupe, Marco Zanni a renvoyé la balle aux autres groupes politiques. « On a toujours travaillé en faisant des propositions (…) notre approche est positive. La question que je pose est : les autres groupes sont-ils prêts à respecter les principes démocratiques et à respecter la représentation dans les organes institutionnels du Parlement de partis dont ils ne partagent peut-être pas les idées, mais issus de millions de suffrages ? », a-t-il déclaré.

« J’ai le sentiment qu’on joue là à un jeu bien connu des enfants de 4 ans, c’est le jeu des sept différences », a lancé Marine Le Pen, agacée par les questions des journalistes qui, selon elle, visaient à tester la cohérence entre les positions des divers intervenants.

« Sur des sujets, nous pouvons avoir des sensibilités qui sont différentes, car nous avons aussi des cultures et des traditions qui peuvent être différentes. Nous le savons », a-t-elle déclaré, assurant néanmoins que, sur les grands sujets, le groupe ID avait une réelle vision commune.

Cette vision commune est reprise dans une déclaration politique adoptée par le groupe, dont Marco Zanni a esquissé la teneur, qui met l’accent sur la sécurité intérieure, la gestion des flux migratoires et la réforme des politiques économiques.

L’eurodéputé italien a surtout insisté sur la flexibilité budgétaire qui devrait être laissée aux États membres. Interrogé sur la position du groupe en cas de nouveau bras de fer entre l’Italie et la Commission sur la dette italienne (EUROPE 12269/1), il a répondu que « l’État-nation devait pouvoir avoir toute latitude afin de mener des politiques qui ne déstabilisent pas l’Europe ».

« Nous ne voulons pas détruire l’Union européenne (…) Nous souhaitons agir de façon constructive, cela signifie parfois dire ‘non’ », a expliqué pour sa part Jörg Meuthen de l'AfD allemande, vice-président du groupe. Le groupe dira ‘non’ à la communautarisation et à la mise sous tutelle des États membres, mais dira ‘oui’ à une Europe de la subsidiarité, de la liberté et de la concurrence. 

« Nous ne sommes pas venus ici pour nous faire des amis (…) Nous sommes là pour pouvoir mettre le doigt dans la plaie », a-t-il prévenu.

Un premier rappel à l’ordre

Étaient aussi présents à la tribune les leaders du SPD tchèque, des Vrais Finlandais, du Parti du peuple danois et du FPÖ autrichien. Mais la salle de presse grouillait en plus d’eurodéputés et de leurs assistants, dont beaucoup de français du RN comme Jordan Bardella, Thierry Mariani, Gilles Lebreton ou encore Gilbert Collard, qui n’ont pas manqué d’applaudir chaque intervention comme s’il s’agissait d’un meeting politique.

Cela a valu au groupe fraichement constitué son premier rappel à l’ordre de la part de plusieurs journalistes. L’Association de la presse internationale (API) a, elle aussi, réagi dans la foulée. « La salle de presse n’est pas le lieu pour acclamer ou exprimer une approbation. L’API souhaite protester avec la plus grande fermeté », a-t-elle indiqué sur Twitter. (Marion Fontana)

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