Les partenaires européens d’Athènes vont évaluer l’impact des mesures socioéconomiques présentées début mai par Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, sur le budget de la République hellénique durant les semaines à venir.
« Nous n’avons pas d’évaluation complète, mais notre évaluation préliminaire indique qu’avec ces mesures, l’objectif d’excédent primaire [hors service de la dette] de 3,5 % du PIB cette année pourrait ne pas être atteint, et cela avec une marge significative », a déclaré Klaus Regling, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), à l'issue de la réunion de l’Eurogroupe, jeudi 16 mai.
Il a fait part des « doutes » du fonds de sauvetage permanent de la zone euro quant aux mesures annoncées par M. Tsipras au début du mois. Certaines mesures, telles que des réductions d’impôt, ont d’ailleurs déjà été votées par le Parlement grec.
« Les mesures annoncées pourraient avoir un impact budgétaire significatif […] C’est ce que nous devons évaluer », a indiqué de son côté Pierre Moscovici, le commissaire chargé des Affaires économiques et financières. Il a précisé que l’aspect budgétaire ainsi que l’impact sur la croissance et l’inclusion sociale de ces mesures seraient observés.
Dans le cadre de la sortie du troisième plan d’assistance financière, auquel Athènes était astreinte jusqu’en août dernier, les autorités helléniques doivent s’assurer d’avoir un excédent budgétaire primaire de 3,5 % du PIB chaque année jusqu’en 2022, puis en moyenne de 2,2 % du PIB par an de 2022 à 2060 (EUROPE 12046/1, 12077/1).
L’an dernier, cet excédent a atteint 4,4 % du PIB (EUROPE 12241/21). « Je ne dirais pas qu’elles [les autorités helléniques] ont remis en cause les objectifs budgétaires [aujourd’hui] », a nuancé M. Regling.
M. Tsipras envisage par ailleurs que ce seuil puisse éventuellement être abaissé à 2,5 % du PIB de 2020 à 2022 et qu’une partie du coussin de liquidité destiné au retour de la Grèce sur les marchés de la dette souveraine soit utilisée, si tel était le cas, pour couvrir les services de la dette.
Pour le directeur général du MES, cette option ne serait potentiellement discutée que dans le cadre du projet de budget 2020.
Prudent, Mário Centeno, le président de l’Eurogroupe, a rappelé que l’Eurogroupe attend que les engagements pris « continuent à être respectés, de telle sorte que la Grèce continue à bénéficier de la confiance des investisseurs à l’avenir ».
Les résultats de l’évaluation des mesures socioéconomiques visées seront présentés dans le troisième rapport au titre du cadre de surveillance renforcée, début juin. Des discussions entre Athènes et ses créanciers institutionnels pourraient alors avoir lieu ultérieurement. (Lucas Tripoteau)