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Bulletin Quotidien Europe N° 12257
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Il y a quelqu’un ?

Jeudi, la Première ministre britannique, Mme Theresa May, en larmes selon certaines sources, a promis de démissionner de ses fonctions, quel que soit le résultat du prochain vote sur le Brexit, qu’elle ne devrait pas gagner. Mais beaucoup ne s’en soucient plus. 

Une série complexe d’événements s'est enclenchée cette semaine, après que la Première ministre britannique a annoncé la tenue d’un quatrième vote sur le Brexit la semaine du 3 juin (EUROPE 12255/22). Ce vote portera sur le projet de loi d’accord de retrait (jusqu’à présent non publié), nécessaire pour transposer l’accord de retrait entre l’UE et le Royaume-Uni (le traité international laborieusement négocié durant 18 mois) dans la législation britannique. Ce texte ne doit pas être confondu avec la loi de retrait de l’UE, qui a été approuvée l’année dernière, et qui s’apparentait à un précurseur logistique du processus (elle abroge la loi d’adhésion du Royaume-Uni à l’UE de 1972, entre autres) (EUROPE 11860/7). 

L’analyste Mujtaba Rahman du groupe Eurasia déclare : « la défaite reste très probable » pour l’accord, étant donné la rupture des négociations avec le Parti travailliste et l’opposition continue du Parti unioniste démocrate (DUP) et de nombreux députés conservateurs d’arrière-ban. Le meilleur scénario serait que les travaillistes s’abstiennent lors du vote, bien que, selon M. Rahman, cette spéculation soit « sans fondement ». 

Si Mme May perd le vote, elle pourrait être écartée dès le 15 juin, lorsque les conservateurs de base organiseront un vote de confiance. Une course à la présidence des tories prendrait alors environ six semaines ; en d’autres termes, un nouveau dirigeant pourrait prendre ses fonctions fin juillet. Elle pourrait rester plus longtemps, mais la plupart des députés souhaitent son départ avant la suspension des activités du Parlement cet été (de la moitié à la fin du mois de juillet). 

La plupart des responsables européens ne s’en soucient plus. Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, a même plaisanté cette semaine à ce sujet en comparant les machinations politiques en cours à Londres à un « Game of Thrones dopé aux stéroïdes ». Charles Grant du Centre for European Reform écrit que nombreux sont ceux à Bruxelles qui « en ont marre » du chaos politique qui agite Londres et que le Royaume-Uni a « sérieusement érodé la bonne volonté » initialement affichée par les responsables politiques européens. Il fut également un temps où l’UE aurait tout fait pour permettre à Mme May de conserver son poste (afin de tenir l’ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, à l’écart), mais même ces préoccupations se sont envolées. 

En revanche, l’UE s’inquiète du résultat du Brexit Party de Nigel Farage aux élections du 23 mai. « Ils craignent qu’un gouvernement dirigé par Boris Johnson ou un Parlement européen dominé par les bouffonneries de Nigel Farage et ses amis du continent permettent aux partisans d’un Brexit dur de perturber les activités de l’UE de l’intérieur », poursuit Charles Grant. 

Plusieurs nouveaux sondages publiés cette semaine placent le parti de M. Farage en tête des votes, devant les travaillistes et les conservateurs, alors que les libéraux démocrates gagneraient des sièges. Un sondage (réalisé par Opinium) crédite le Brexit Party de la première place avec 34 %, suivi des libéraux démocrates, des travaillistes, des Verts, et enfin, des conservateurs. Mme May nourrit toujours l’espoir qu’un revers aux élections encouragera les votes en faveur de son accord, de peur de laisser la porte ouverte à un Brexit dirigé par M. Farage. 

La donne change enfin à Londres, mais l’incertitude plane toujours quant au déroulement et à la date précise du Brexit. Aura-t-il même vraiment lieu ? (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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