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Bulletin Quotidien Europe N° 12270
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ÉCONOMIE - FINANCES / Bce

L’institut monétaire ne relèvera pas ses taux directeurs au moins jusqu’à mi-2020

Alors que les perspectives de croissance et d'inflation s'assombrissent, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, jeudi 6 juin, qu'elle ne relèverait pas ses principaux taux directeurs avant mi-2020, une échéance repoussée de six mois par rapport à sa dernière réunion d’avril (EUROPE 12233/13).

Le Conseil des gouverneurs prévoit désormais que les taux d’intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels « au moins pendant le premier semestre 2020 et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l’inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme », peut-on lire dans le communiqué de presse de la BCE.

Ainsi, le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,40%.

« Cependant, nous continuons à surveiller attentivement les canaux de transmission bancaires de la politique monétaire et l’option de mesures d'atténuation », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi.

Les menaces protectionnistes. Le président de l’institut monétaire a déclaré que « les incertitudes géopolitiques, les menaces croissantes de protectionnisme et les vulnérabilités dans les marchés émergents altèrent le climat économique ». Les menaces protectionnistes « se sont intensifiées au-delà ce que nous pensions en mars », a ajouté Mario Draghi, dans une allusion au durcissement du bras de fer entre Pékin et Washington. Plus largement, a souligné M. Draghi, la multiplication des conflits commerciaux met en question « tout l'ordre multilatéral dans lequel nous vivons depuis la Seconde guerre mondiale », créant une inquiétude dépassant de loin l'impact immédiat sur la croissance. S'y ajoute « l'incertitude sur la négociation du Brexit »

Le conseil des gouverneurs « n'est pas résigné à avoir éternellement une inflation basse », a insisté par ailleurs M. Draghi, dont l'unique mandat officiel est de ramener la hausse des prix légèrement sous les 2%, niveau censé stimuler la croissance et l'emploi.

Prêts géants aux banques. La BCE a détaillé son nouveau programme de prêts géants aux banques, baptisé TLTRO III (targeted longer-term refinancing operations). Lancés en sept vagues entre septembre prochain et mars 2021, avec chaque fois une échéance de deux ans, ils seront accordés à des taux variant de -0,30% à +0,10%, selon la quantité de crédits redistribués par chaque banque dans l'économie.

Surtout, Mario Draghi a affirmé que la BCE était « déterminée à agir », en cas de dégradation économique et qu’elle avait discuté d'options telles qu'une nouvelle baisse des taux ou le lancement de nouveaux rachats nets de dette, après avoir acquis pour environ 2 600 milliards d'euros d'actifs entre 2015 et fin 2018.

Mario Draghi a précisé, à propos de l’Italie, que la Commission européenne ne demandait pas à l’Italie de réduire rapidement sa dette publique. « Nous savons tous que c’est impossible », a-t-il dit. (Lionel Changeur)

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