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Bulletin Quotidien Europe N° 12180
Sommaire Publication complète Par article 39 / 41
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Le Brexit a toujours été une question d’économie, idiot (traduction du titre anglais "It was always about the economy, stupid")

Le Brexit n’est pas qu’un enjeu commercial pour le Royaume-Uni, mais il l’est pour le reste de l’UE. Et maintenant qu’un scénario d’absence d’accord semble se dessiner, chaque membre de l’UE pense à ses propres intérêts. 

L’unité affichée par l’UE lors des négociations sur le Brexit a vraiment impressionné. Il y a eu seulement quelques légers désaccords sur la question des citoyens, du budget et de la participation du Royaume-Uni dans les agences de l’UE. Mais il est facile de tenir le même discours lorsqu’il n’existe qu’un seul discours. 

Une absence d’accord sur le Brexit obligerait à repartir d’une feuille blanche. 

La Commission européenne avait sciemment scindé les négociations sur le Brexit en différentes phases (passé et avenir, ou accord de divorce et accord commercial), car elle savait que la partie consacrée au commerce serait âpre et source de discorde. C’est pourquoi l’UE a tenté de reporter le plus possible ces négociations, en ayant recours à des transitions, des extensions et des filets de sécurité, tandis que les Britanniques ont tenté de les faire avancer, de mettre à plat les dissensions. 

Une éventuelle absence d’accord sur le Brexit expose bien trop tôt les divisions qui règnent au sein de l’UE. Cette semaine a ainsi vu l’émergence de rapports selon lesquels certains pays souhaitent que la Commission assouplisse ses mesures d’urgence prévues en cas d’absence d’accord et qu’elle autorise des accords parallèles avec le Royaume-Uni, au moins pour maintenir la circulation des avions, des camions, des personnes et des marchandises pendant un certain temps après le 29 mars. 

La Commission a démenti que des accords parallèles étaient en cours de négociation, en répétant aujourd’hui que sa stratégie était « unilatérale » et qu’elle « garantira une approche coordonnée à l’échelle de l’Union en cas d’absence d’accord ». Toutefois, son porte-parole a insisté sur le fait que ces mesures d’urgence temporaires « ne pourront pas reproduire et ne reproduiront pas les avantages d’une adhésion »

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a laissé entendre que la France trouverait des solutions pour maintenir la fluidité du transport aérien et des échanges commerciaux, ainsi que le bon déroulement de la pêche en cas d’absence d’accord. Pour sa part, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a admis à Davos cette semaine que les Pays-Bas n’étaient pas préparés pour ce scénario. Quant à Leo Varadkar, le Premier ministre irlandais, il a le sentiment que son pays est « pris pour cible » dans les négociations sur le Brexit

Cette semaine a été difficile pour les Irlandais, qui ont tenté de revenir sur une déclaration d’un porte-parole de la Commission qui avait avancé qu’une absence d’accord entrainerait l’instauration d’une frontière « dure » sur l’île. Ces propos ne reflètent pas exactement la position de la Commission, mais il s’agit pourtant de la réalité, même si personne n’est d’accord sur la définition à donner à cette frontière « dure ». 

La Commission s’est délibérément montrée évasive à ce sujet, parce que c’est la vérité et parce qu’il n’existe aucune solution suffisamment « créative » pour résoudre ce problème. Le Brexit a créé ce monstre particulier et il ne s’en ira pas, qu’il y ait accord ou pas. 

En attendant, préparez-vous à assister à une nouvelle épreuve de force spectaculaire la semaine prochaine à Westminster. Mardi, les députés débattront et se prononceront sur un Plan B du Brexit après avoir rejeté l’accord de retrait la semaine dernière (EUROPE 12172). Ils préparent une série d’amendements, dont une demande d’extension de la période de négociation prévue à l’article 50 et une autre destinée à empêcher un Brexit dur. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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