En visite à Bruxelles, vendredi 25 janvier, le Premier ministre néo-zélandais, Mme Jacinda Ardern, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont faire part de leur intention de conclure cette année leurs pourparlers en vue de sceller un accord de libre-échange (ALE).
« J'aimerais conclure cet accord avant la fin du mandat de ma Commission », a déclaré M. Juncker lors d’un point presse conjoint. « Rien, entre l'UE et la Nouvelle-Zélande, ne pourrait poser problème » à ces ambitions, a-t-il ajouté, soulignant, entre autres, la convergence de vues entre les deux entités sur les questions multilatérales telles que la réforme de l’Organisation mondiale du commerce ou la problématique du changement climatique.
Des propos confirmés par Mme Ardern : « Le rythme auquel progressent les négociations sur l’ALE entre l’UE et la Nouvelle-Zélande est, en soi, inhabituel […] nous partageons l'ambition exprimée par l'UE […] et nous nous en félicitons ».
Le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, également présent à la conférence de presse, a confirmé que trois cycles complets de négociations étaient planifiés jusqu'à juillet. Il a annoncé son intention de se rendre le mois prochain dans le pays océanien, principalement pour y discuter des sensibilités européennes, lesquelles portent surtout sur les produits agricoles - viandes ovines et bovines et produits laitiers - dont la Nouvelle-Zélande est un exportateur très compétitif. M. Hogan a ajouté que les offres d'accès au marché européen seraient publiées dès février.
Outre la consolidation de la relation commerciale, un ALE avec Wellington permettrait de renforcer l’accès européen à la zone Asie-Pacifique, en lui ouvrant un nouvel accès à ses marchés florissants et ses chaînes de valeurs.
Mais les relations entre l’UE et la Nouvelle-Zélande vont au-delà du commerce, ont rappelé Mme Ardern ainsi que M. Juncker et le président du Conseil européen, Donald Tusk. « Au-delà du commerce, nous sommes convenus de collaborer encore plus étroitement dans de nombreux domaines, allant de la paix et la sécurité à la connectivité, à l'énergie et au changement climatique », a révélé M. Tusk, lors d'un point presse avec Mme Ardern.
La Néo-Zélandaise et les Européens ont particulièrement mis en avant la coopération en matière de lutte contre le changement climatique. Mme Ardern a souhaité que l’UE et son pays continuent de travailler ensemble « sur la mise en œuvre de programmes domestiques ambitieux sur le changement climatique et pour pousser [leurs] partenaires à relever leurs ambitions sur la réduction des émissions de carbone ».
Les deux parties ont aussi souligné leurs valeurs communes concernant la démocratie, les droits de l’homme, l’État de droit ou encore un ordre international ouvert, inclusif et fondé sur des règles. Selon Mme Ardern, l’UE et Wellington partagent les mêmes valeurs concernant la réforme des institutions multilatérales. Elle a ajouté avoir discuté avec M. Tusk de sujets de politique internationale, tels que l’Ukraine ou la situation dans la zone Asie-Pacifique. (Hermine Donceel et Camille-Cerise Gessant)