La Commission européenne entend aider l'UE à intensifier son action pour réduire son empreinte sur les forêts tropicales et contribuer ainsi à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts au niveau mondial, selon une feuille de route publiée mercredi 19 décembre pour dévoiler ses plans.
Cette initiative débouchera sur une communication au second semestre de 2019 pour « développer une approche cohérente et exhaustive du problème ». Elle fait suite à de multiples appels d'États membres, du Parlement européen et d'ONG, qui réclament un plan d'action ambitieux de l'UE contre la déforestation.
« L’UE, en tant qu’importateur de produits agricoles, fait partie du problème, mais peut aussi participer à sa solution », estime la Commission. Elle indique que la culture du soja, de l’huile de palme, du café, du cacao et l’élevage de bovins sont les plus grandes causes de la déforestation, « une problématique mondiale majeure, qui mène au déclin de la biodiversité, au changement climatique et à la pauvreté ».
Pour y répondre, la Commission énonce des pistes d'action possibles, comme promouvoir « des chaînes d’approvisionnement durables et transparentes », « renforcer la transparence des flux d'investissements », « construire des partenariats efficaces avec les pays forestiers pour soutenir l'assimilation de pratiques agricoles et forestières durables, améliorer la gouvernance des terres » ou encore « faciliter l’accès des petits producteurs aux investissements publics et privés ainsi qu’au soutien financier ».
Aucune nouvelle législation n'est envisagée. Or, en novembre, six États membres (Danemark, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas) et la Norvège avaient appelé la Commission à préparer un plan d’action incluant une nouvelle réglementation avant la fin de l’année 2019. Le Parlement avait formulé la même demande en septembre.
« L'action future de l'UE contre la déforestation devrait aussi stopper les importations de produits cultivés sur des terres volées aux communautés », commente l'ONG Fern qui attend « une nouvelle législation pour garantir que les chaînes d'approvisionnement de l'UE soient exemptes de toute déforestation et respectent les droits humains ». Tout en saluant le constat et les intentions de la Commission, Greenpeace a regretté « le manque de clarté sur les mesures concrètes que la Commission allait prendre ».
La feuille de route est ouverte à commentaires pendant quatre semaines en vue de leur possible prise en compte. Pour y accéder : https://bit.ly/2POoLwW. (Aminata Niang et Mathieu Solal)