La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a dénoncé, lundi 5 novembre, la condamnation à la prison à vie du Cheikh Ali Salman, chef de l'opposition chiite et secrétaire général d’Al-Wefaq, association politique dissoute en 2016 (EUROPE 11597).
M. Salman, qui purgeait déjà une peine à perpétuité, était accusé d'avoir voulu « renverser l’ordre constitutionnel » en touchant de l’argent du Qatar contre des informations. Le procès a été qualifié de « parodie de justice » par Amnesty International.
« Cette décision, qui précède les élections législatives au Bahreïn desquelles de nombreuses associations politiques ont été exclues, marque une nouvelle étape inquiétante en direction de la confrontation et de la polarisation au Bahreïn, compromettant ainsi les chances d'un débat politique inclusif », a estimé la porte-parole du SEAE dans un communiqué. Les élections législatives se tiendront le 24 novembre prochain.
« L'Union européenne espère que cette condamnation sera réexaminée en appel et que le Bahreïn respectera ses engagements internationaux et nationaux en matière de droits de l'homme dans l'intérêt de la stabilité à long terme du pays et de ses citoyens », a prévenu la porte-parole.
Elle a rappelé que l’UE suivait la situation de M. Salman depuis son arrestation en décembre 2014 (EUROPE 11223) et s'était « publiquement inquiétée de l'espace politique de plus en plus restreint laissé au Bahreïn notamment à l'opposition non violente ». (Camille-Cerise Gessant)