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Bulletin Quotidien Europe N° 11990
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

L'UE n’en a pas fini de demander des comptes à Facebook dans l’affaire ‘Cambridge Analytica’

Comme annoncé (EUROPE 11987), la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, a adressé lundi soir un courrier à la directrice opérationnelle de Facebook, Sheryl Sandberg, lui demandant de faire la lumière sur l'exploitation de données personnelles de millions d’utilisateurs par l’entreprise Cambridge Analytica. 

Selon l’AFP, la Commission donne à Facebook deux semaines pour apporter des réponses et lui indiquer notamment si - et dans quelle mesure - les données personnelles d’Européens ont été touchées ainsi que les mesures que le réseau social envisage de prendre. 

Le mea culpa de Mark Zuckerberg la semaine dernière n’a visiblement pas réussi à apaiser les craintes européennes et les choses semblent d’ailleurs aller de mal en pire pour le géant américain des réseaux sociaux, maintenant accusé d’être impliqué dans le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. 

Le lanceur d’alerte à l’origine de ces révélations, Christopher Wylie, a affirmé, dans un entretien accordé à plusieurs journaux européens, que l’entreprise Cambridge Analytica avait joué un « rôle crucial » dans le vote en faveur du Brexit

Réagissant immédiatement, le groupe Verts/ALE a demandé une audition des responsables au Parlement européen « afin d’examiner l'impact de l'utilisation massive de données sur les résultats du référendum sur le Brexit et sur la démocratie européenne ». 

Le 12 avril prochain, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, et les présidents des groupes politiques se réuniront afin de décider des mesures à prendre, ont-ils fait savoir dans un communiqué. Plusieurs options sont envisagées, notamment celle d’inviter Mark Zuckerberg et d'autres représentants des entreprises en ligne à assister à une session plénière où ils pourront être interrogés par les députés, comme demandé par M. Tajani (EUROPE 11984). Les députés pourraient aussi adopter une résolution demandant à la Commission européenne de proposer des mesures pour lutter contre l'abus ou encore choisir de créer un comité temporaire pour examiner les allégations et les mesures possibles. 

Au-delà du scandale, plusieurs personnalités cherchent maintenant à en tirer des conséquences pour l’Europe. Dans une chronique publiée lundi dans le journal L’Opinion, le président du groupe PPE, Manfred Weber, lance un appel : « l’affaire, vertigineuse, doit nous alerter, nous Européens, sur les défis de l’ère numérique pour nos démocraties et nous pousser à en tirer les conclusions ». 

De son côté, la commissaire à l’Économie et la Société numériques, Mariya Gabriel, a souligné, en conférence de presse, que la Commission avait déjà pris le problème à bras le corps, faisant notamment référence à l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données en mai ou encore les propositions à venir sur les 'fake news' et la désinformation en ligne. 

Pour Manfred Weber, le temps presse et l’UE doit « à tout prix empêcher que les prochaines élections européennes soient menacées par des tentatives de déstabilisation émanant de ceux qui ont intérêt à affaiblir l’Europe »(Marion Fontana)

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