La situation des migrants bloqués en Libye reste très préoccupante, a expliqué jeudi 15 mars à Bruxelles, Vincent Cochetel, l’envoyé spécial du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) pour la Méditerranée centrale.
Et les États membres devraient intensifier leurs efforts pour réinstaller, depuis cette région vers l'Union européenne, les personnes particulièrement vulnérables afin de soulager le Niger qui a accueilli la plupart des personnes que le HCR a proposé d’évacuer d’urgence en décembre 2017 (EUROPE 11974).
M. Cochetel a aussi indiqué que, contrairement à « ce que l’on peut lire, il n’y a pas moins d’arrivées de migrants en Libye », considérant « très difficile de quantifier les mouvements » de personnes avec précision.
En dehors des 15 000 évacuations d’urgence de migrants depuis la Libye vers leurs pays d’origine opérées par l’UE et l’Organisation internationale des Migrations (OIM), le HCR a lancé un mécanisme d’évacuation d’urgence pour 1 300 réfugiés très vulnérables. Ces personnes sont envoyées en transit au Niger, qui les abrite le temps qu’elles soient réinstallées dans l'UE, au Canada ou aux États-Unis. Seulement 55 personnes ont été réinstallées en Europe et des dizaines de cas sont dans l'attente d'une décision.
Vincent Cochetel a, par ailleurs, fait le point sur les centres de détention en Libye et répété les conditions extrêmement dures qu’y rencontrent les migrants pris au piège. Les autorités libyennes ont « donné leur autorisation au HCR » pour ouvrir prochainement un « centre de transit » de départ (vers un autre pays que la Libye) qui aura une capacité de 1 000 places.
Pour le HCR, c’est une alternative à la détention et une opportunité pour mieux connaître les migrants via des interviews plus confidentielles et plus poussées, notamment sur leur vrai pays d’origine.
D'après l'envoyé spécial, des évacuations et des retours ont certes eu lieu ces derniers mois, mais ils ne l’ont pas toujours été vers les vrais pays d’origine des migrants. Ou bien ces retours n’ont pas été faits en tenant compte des inquiétudes des intéressés. Ainsi, selon le HCR, des Maliens ont été renvoyés chez eux par exemple depuis l’Algérie, pour fuir aussitôt vers la Mauritanie. (Solenn Paulic)