Le 15 mars 2011, le conflit en Syrie débutait. Sept ans plus tard, jour pour jour, par le biais de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, l'Union européenne a appelé une nouvelle fois à la paix, dans une déclaration symbole d’impuissance.
« Aujourd'hui, le conflit prend des vies civiles tous les jours malgré les promesses de désescalade et les innombrables appels de la communauté internationale à faire taire les armes », a dénoncé la Haute Représentante, rappelant qu’en sept ans, le conflit avait fait plus de 400 000 morts, plus de 11 millions de déplacés et qu’une assistance était nécessaire pour près de 19 millions de Syriens.
Selon les Vingt-huit, « sauver des vies dans la Ghouta et partout en Syrie, et protéger les civils doit être primordial ». Mme Mogherini a ainsi réitéré les appels de l’UE à toutes les parties, pour la mise en œuvre immédiate et intégrale de la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 24 février et exigeant un cessez-le-feu, qui est loin d’être appliquée. « La mise en œuvre de la résolution par toutes les parties est nécessaire pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation médicale, qui sont urgemment nécessaires à travers la Syrie, mais particulièrement dans la Ghouta orientale et l'Afrin », a expliqué Mme Mogherni, soulignant la « profonde préoccupation » de l’UE face à la détérioration de la situation humanitaire à Afrin à la suite de l'opération militaire turque. « Nous appelons à nouveau la Russie, l'Iran et la Turquie. (…) à remplir leurs obligations et responsabilités en tant que garants d'Astana », a-t-elle ajouté.
Alors que les ministres des Affaires étrangères rencontreront le 19 mars à Bruxelles l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, les Européens ont rappelé leur soutien à son travail et au processus de Genève. Pour Mme Mogherini, il ne peut pas y avoir de transition significative sans justice et sans une représentation équitable de toutes les communautés. « Nous appelons le régime à s'engager de manière significative dans les pourparlers et à ses soutiens à user de leur influence pour s’en assurer », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)