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Bulletin Quotidien Europe N° 10872
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

La porte reste ouverte à la spéculation alimentaire

Bruxelles, 21/06/2013 (Agence Europe) - Pour enrayer la spéculation financière sur les denrées alimentaires il y a peu à attendre de la révision de la directive encadrant les marchés d'instruments financiers (MiFID), avertissait une coalition d'ONG environnementales et de développement, vendredi 21 juin, jour où le Conseil Écofin confirmait à Luxembourg son accord politique de principe sur la révision de ce texte législatif (voir autre nouvelle dans ce bulletin).

De l'avis de ces ONG (Concord Danemark, Corporate Europe Observatory, Foodwatch, Friends of the Earth Europe, Oxfam, Somo ,World Development movement) les échappatoires contenues dans cette future MiFID II rendront inefficaces les tentatives de prévenir la spéculation alimentaire et son corollaire - la flambée des prix alimentaires qui frappe le plus durement les plus pauvres. Dénonçant à la fois l'absence de limites posées aux paris des spéculateurs de l'UE, et le fait que les limites ne soient pas générales et applicables à tous les types de traders, c'est à un règlement étanche sur la spéculation alimentaire qu'elles appellent, en comptant sur le Parlement européen pour redresser la barre.

« La spéculation alimentaire profite aux institutions financières et coûte aux plus vulnérables le contenu de leur assiette. Un règlement étanche sur la spéculation alimentaire est vital pour prévenir la spéculation excessive qui provoque l'envolée des prix alimentaires », déclare Anne Van Schaik, de FOEE.

Marc-Olivier Herman d'Oxfam déplore que l'Écofin ait échoué à s'attaquer au risque systémique que représente la spéculation débridée pour la sécurité alimentaire mondiale. « Il est désormais crucial que le Parlement européen prenne une position forte dans les négociations à venir, et ce, dans l'intérêt des millions de personnes dans les pays pauvres qui sont frappées par des prix alimentaires très élevés et imprévisibles, et pour les familles au sein de l'UE qui ressentent l'impact de la hausse des factures alimentaires. »

Déplorant que le texte, en l'état, prévoie la fixation de limites aux paris des spéculateurs au niveau national plutôt qu'au niveau de l'UE, Christine Haigh du World Development Movement estime que cela entraînera les États membres dans une « compétition pour la fixation des limites les plus basses ».

Myriam Vander Stichele de Somo, pour sa part, accuse l'UE d'avoir « cédé à trop d'exigences du lobby des services financiers » et demande à l'UE de prendre exemple sur les États-Unis qui ont inscrit dans la loi des limites aux 'swaps' souvent liés au trading spéculatif. (AN)

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