Luxembourg, 21/06/2013 (Agence Europe) - Il est important « de stabiliser la situation politique immédiatement en Grèce », a mis en garde le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, vendredi 21 juin alors que le parti de centre-gauche Dimar a annoncé sa décision de quitter la coalition gouvernementale.
Cette décision intervient après que le trio gouvernemental formé par Nouvelle Démocratie, le Pasok et Dimar a échoué à s'entendre sur les modalités de la réouverture du service audiovisuel public ERT. Le retrait de Dimar ampute de 14 députés la majorité parlementaire dont dispose le gouvernement, désormais réduite à 3 députés. Ces députés pourraient toutefois décider de toujours continuer à soutenir le gouvernement grec afin d'éviter un nouveau chaos politique en Grèce.
Jeudi soir, la zone euro a souligné l'importance pour les Grecs de mener ensemble les réformes. Pour M. Rehn, la stabilité politique que la Grèce connaît depuis un an « a permis de remettre le programme sur les rails ». Cette stabilité doit être préservée « pour le salut du peuple grec et de la zone euro », a-t-il ajouté.
Athènes est appelée à tout faire pour que la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE) puisse boucler sa mission de suivi début juillet et permettre à l'Eurogroupe de se prononcer sur le versement de la prochaine tranche d'aide, qui devra ensuite recevoir l'aval des parlements nationaux avant l'été.
D'après le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, si la 'troïka' conclut positivement sa mission en juillet, le programme sera « totalement financé pour une année de plus ». Même son de cloche officiel du côté du FMI. Or, selon le FT, l'organisation internationale aurait menacé de se retirer du programme. « Il n'y a pas de climat de rupture avec le FMI », a assuré Pierre Moscovici, jeudi soir. Le ministre français a également démenti que certaines banques centrales de l'eurozone seraient réticentes à activer les accords de novembre 2012 qui prévoient de repousser l'échéance de remboursement des obligations grecques qu'elles détiennent ('roll over'). Une source de l'eurozone a toutefois confirmé que cela était bel et bien le cas. Selon Reuters, certaines banques centrales voient dans ce processus un financement direct de l'État grec, interdit selon les règles de la BCE. En jeu: la possibilité pour Athènes de ne pas rembourser 5,6 milliards d'euros de dette arrivant à maturité (3,7 milliards en 2013 et 2014 et 1,9 milliard en 2015 et 2016). (EL)