Bruxelles, 21/06/2013 (Agence Europe) - La situation de la liberté des médias s'est détériorée ces deux dernières années que ce soit en Turquie, dans les Balkans occidentaux ou dans certains États membres, a averti la représentante de l'OSCE pour la liberté des médias, Dunja Mijatovic, le 20 juin. « Dans les pays candidats et potentiellement candidats, des journalistes sont menacés, intimidés, tabassés, des médias sont fermés, des équipements confisqués », a-t-elle indiqué lors de la conférence Speak up 2. Elle a aussi mis en avant la vulnérabilité des radiodiffuseurs publics face au politique et au financier. Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a lui souligné les cas de violences et de menaces contre les journalistes, le risque permanent que le pouvoir de l'État soit utilisé contre la liberté d'expression, le mauvais fonctionnement des marchés des médias, la dépendance financière et politique des radiodiffuseurs publics ou encore l'absence d'une autorégulation des médias fonctionnelle.
Expliquant le cas turc, le journaliste Yavuz Baydar a précisé qu'il n'a « jamais vu une situation aussi terrible que maintenant. Le journaliste est paralysé, intimidé, menacé, il est empêché de faire son travail ». « Il y a une sorte de chasse aux sorcières », a-t-il ajouté, précisant que malgré l'adoption du 4ème paquet judiciaire, il n'y a pas de changement notable. Mme Mijatovic a rappelé que 60 journalistes sont en prison en Turquie. Pour Tamara Chausidis, présidente de l'Independent Union of Journalists and Media Workers de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, il existe dans son pays une corruption systématique par le biais des recettes publicitaires et les journalistes ont du mal à être indépendants et à faire face aux pressions car ils sont en situation précaire.
L'UE doit agir pour la liberté de la presse. « La Commission européenne, le Conseil de l'Europe, l'OSCE et d'autres acteurs internationaux ont un rôle de chien de garde à jouer », a ajouté Mme Mijatovic, précisant que « nous devons renforcer les voix de la société, les soutenir et les aider à faire un travail indispensable ». La communauté internationale « ne doit pas lâcher la pression », a-t-elle ajouté. « Il est essentiel que la liberté des médias soit un critère non négociable de l'adhésion européenne », a-t-elle expliqué. Elle a reproché aux autorités locales de ne pas prendre en compte les conseils ou recommandations de la communauté internationale. Sans la volonté des autorités, des politiques, la situation ne s'améliorera pas, a averti la représentante de l'OSCE.
M. Füle a rappelé que l'UE apporte une assistance financière et technique pour appuyer à la liberté d'expression et des médias, tels que des fonds pour renforcer les médias de service public. (CG)