Bruxelles, 21/06/2013 (Agence Europe) - Le commissaire De Gucht croit à une solution à l'amiable dans un délai rapide. Mais Beijing devra agir pour réparer le préjudice causé par ses pratiques de dumping.
Inflexible dans sa décision début juin d'imposer des droits antidumping provisoires - d'une durée de six mois, en attendant la fin de l'enquête - sur les panneaux solaires chinois importés dans l'UE, Karel De Gucht l'est resté lors de sa visite à Beijing pour la session annuelle du comité mixte UE/Chine, vendredi 21 juin.
Comme le lui demandent une majorité d'États membres qui craignent des représailles chinoises, le commissaire au Commerce est en quête d'une solution négociée avec les autorités chinoises. C'est pour cette raison qu'il a décidé d'une réponse en deux étapes, pour protéger d'urgence l'industrie européenne, mais aussi pour inciter Beijing à négocier. L'UE impose en effet depuis le 6 juin des droits antidumping provisoires sur les importations de panneaux solaires chinois de 11,8% seulement. Mais, faute de solution négociée, le tarif moyen sera, le 6 août, de 47,6%, avec des droits plus faibles (37,2%) pour les entreprises chinoises visées par l'enquête qui ont coopéré, et des droits plus forts (67,9%) pour celles qui n'ont pas coopéré.
Vendredi, M. De Gucht a réitéré à son homologue chinois, le ministre du Commerce Gao Hucheng, « le souhait de l'UE d'une solution à l'amiable ». Mais le commissaire a aussi rappelé qu'un geste de bonne volonté devait venir de Beijing. « Comme je l'ai dit maintes et maintes fois au cours de l'enquête, l'UE n'a qu'un seul désir: trouver un règlement négocié le plus rapidement possible sur la base des actions qui peuvent éliminer le préjudice causé par le dumping sur notre marché: rien de plus, rien de moins », a-t-il insisté. « Les discussions au niveau technique en vue d'un règlement négocié ont commencé à Bruxelles au début de cette semaine et continuent aujourd'hui à Pékin. Mais un mot de prudence. Il est encore tôt dans le processus de négociation. Ce genre de problème est rarement résolu du jour au lendemain », a prévenu M. De Gucht, dans son résumé présenté à la presse. Répondant peu après aux questions, le commissaire a toutefois dit avoir « bon espoir » qu'une solution se dégage « au plus tard début juillet ».
Le commissaire n'a toutefois pas souhaité se prononcer sur la menace chinoise de taxer lourdement le vin européen. « Parlons de cela lorsqu'il y aura un accord. Mais il est naturellement évident que l'objectif d'un accord est de mettre fin à des problèmes, pas d'en créer de nouveaux », a-t-il ajouté. « Selon les règles de l'OMC, la Chine a le droit de lancer une enquête sur les vins importés en Chine et la décision lui revient », a encore déclaré M. De Gucht, disant toutefois « [avoir] confiance dans le désir des Chinois de continuer à boire d'excellents vins européens ». Réagissant à la décision de l'exécutif européen sur les panneaux solaires, la Chine a annoncé plusieurs procédures antidumping contre l'UE, dont une sur les vins.
Accord sur l'investissement: accéder au marché chinois. La réunion du comité mixte UE/Chine, en marge de laquelle le dossier des panneaux solaires, non inscrit à l'ordre du jour, a été abordée, a permis à MM. De Gucht et Gao d'évaluer les développements en matière de commerce et d'investissements bilatéraux, et d'échanger leurs vues sur les négociations multilatérales et les initiatives plurilatérales.
M. De Gucht a confirmé aux autorités chinoises avoir sollicité auprès des Vingt-sept un mandat pour négocier l'accord d'investissement que les dirigeants européens et chinois ont convenu, en février 2012, de négocier. « Il s'agit d'une priorité pour l'Europe », a souligné le commissaire, précisant les deux objectifs clés poursuivis côté européen: d'une part la protection réciproque des investissements et la sécurité juridique pour les investisseurs ; d'autre part l'amélioration de l'accès au marché chinois, incluant l'épineuse question des entreprises conjointes obligatoires en Chine. « En réduisant les obstacles à l'investissement en Chine, nous verrons une augmentation des flux d'investissement bilatéraux. L'accès et les conditions de marché en faveur des entreprises européennes sont vraiment au cœur de notre ambition d'une relation plus profonde, plus efficace et plus stable du commerce », a-t-il insisté.
Dans cet esprit, M. De Gucht a soulevé auprès de M. Gao des problèmes d'accès au marché chinois rencontrés par les entreprises européennes dans un certain nombre de secteurs liés aux marchandises, tels que les cosmétiques et les dispositifs médicaux, et en matière de services financiers et de télécommunications.
Au plan multilatéral, MM. De Gucht et Gao ont évoqué la prochaine conférence ministérielle de l'OMC en décembre à Bali, dont ils se sont dits « déterminés » à assurer le succès. (EH)