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Bulletin Quotidien Europe N° 10872
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) environnement

ILUC, appel à un leadership de la commission ENVI

Bruxelles, 21/06/2013 (Agence Europe) - Il est temps que la commission de l'environnement du Parlement européen devienne chef de file pour la proposition de directive 'ILUC' sur la prise en compte, dans la production de biocarburants, de l'effet indirect des changement d'affectation des terres - ce phénomène qui peut annihiler la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées aux biocarburants promus par les directives 'Énergies renouvelables' et 'Qualité de l'essence et des carburants diesel', a averti jeudi 20 juin, l'ONG environnemental Birdlife. Cet appel a été lancé, le jour du vote de la commission parlementaire de l'énergie sur ce dossier (voir nouvelle précédente) que l'ONG juge décevant comme celui des quatre autres commissions parlementaires (commissions INTA, AGRI, ITRE et REGI) qui, la même semaine, ont, pour la plupart, affaibli la proposition initiale de la Commission européenne.

Avec sa proposition, la Commission projette de plafonner à 5% la part de biocarburants conventionnels utilisés pour atteindre l'objectif de 10% d'énergies renouvelables dans les transports à l'horizon 2020 afin de diviser par deux la quantité de biocarburants subventionnés alors même qu'ils entrent en concurrence avec la production alimentaire. Or les différentes commissions parlementaires prônent toutes le rehaussement du plafond de 5%, et la commission de l'agriculture va même jusqu'à demander d'autoriser l'utilisation d'au moins 8% de carburants de première génération pour atteindre l'objectif, ce qui est en totale contradiction avec ses propres principes de sécurité alimentaire.

« Pour le public, l'avis de ces commissions est tout bonnement inexplicable. Les eurodéputés ne veulent pas soutenir les énergies renouvelables qui ont un avenir à long terme, mais veulent continuer à donner des milliards d'euros aux biocarburants qui ne réduisent pas les émissions et peuvent causer la déforestation, l'accaparement des terres et la faim dans le monde », s'indigne Trees Robijns, experte de la politique agricole de l'UE et de la bioénergie chez Birldlife Europe. S'agissant des rapports ILUC à fournir par les États membres, les votes des commissions sont plus nuancés. En tout état de cause, « il faut que la commission de l'environnement fixe le cap et garantisse que le soutien aille bien aux renouvelables qui contribuent à l'objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre et n'ont pas de conséquences négatives sur l'environnement et les populations », ajoute-t-il. Au Conseil, le dossier est dans l'impasse, et le vote du Parlement en session plénière est prévu pour l'automne (EUROPE n° 10870). (AN)

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