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Bulletin Quotidien Europe N° 10869
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Synthèse de la 'troïka' sur le blanchiment d'argent, Nicosie riposte

Bruxelles, 18/06/2013 (Agence Europe) - Les autorités chypriotes ont décidé de divulguer, lundi 17 juin, les conclusions des deux auditeurs Moneyval et Deloitte sur la lutte contre le blanchiment d'argent à Chypre, alors que ces conclusions ne devaient pas être rendues publiques.

Selon une source européenne, Nicosie ne voulait initialement pas publier ces rapports en raison de la sensibilité des marchés sur le sujet, mais, depuis que la synthèse compilée par la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a été rendue publique, les autorités ont décidé de les publier, une décision soutenue par la Commission européenne. Une source chypriote a confirmé les raisons de cette publication.

En mai, la Banque centrale de l'île avait fustigé la synthèse de la 'troïka', estimant que celle-ci n'était pas équilibrée car ne mentionnait que les carences du système, résultant, selon elle, à des conclusions erronées dans la presse (EUROPE n° 10852).

Dans les points positifs, Moneyval note la prise d'une série de mesures préventives « fondamentalement saines » et la « très bonne connaissance et l'expérience » des banques relatives aux questions liées au blanchiment d'argent. Les experts du Conseil de l'Europe expliquent toutefois que le volume substantiel d'activités commerciales internationales au moyen de diverses pratiques, combiné à des activités bancaires internationales, peut élever le niveau cumulé de risque « à un niveau tel que les mesures actuellement appliquées en matière de devoir de vigilance à l'égard de la clientèle ne peuvent pas jouer efficacement leur rôle d'atténuation ». De plus, malgré les « meilleurs efforts des banques », les informations collectées sur les clients ne sont « toujours pas suffisantes pour (en) générer le profil économique et commercial ». Moneyval formule donc treize recommandations, comme par exemple renforcer la supervision des avocats et des comptables.

De son côté, Deloitte juge que les exigences du cadre juridique chypriote sont « plus détaillées et dans une certaine mesure plus contraignantes que dans beaucoup d'autres juridictions (…) ». Le cabinet de consultants évoque cependant, lui aussi, des carences dans les informations sur les clients.

Dans la foulée, la Banque centrale chypriote (BCC) a refusé de porter le chapeau pour les dettes colossales de la banque Laiki envers la BCE. La BCC souligne qu'avant le 21 mars 2013 la provision des liquidités d'urgence aux deux grandes banques n'avait jamais reçu d'objection de la BCE. Elle rappelle également que, jusqu'à ce moment-là, les banques chypriotes étaient solvables. La semaine passée au Parlement chypriote, le président du parti au pouvoir a estimé qu'il fallait poursuivre la BCE pour ces « injections de liquidités irrégulières », selon un autre député chypriote. (EL)

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