Bruxelles, 18/06/2013 (Agence Europe) - Cadre du lancement des négociations pour un accord de libre-échange UE/États-Unis, le plus vaste accord bilatéral jamais négocié dans l'histoire, le sommet de Lough Erne s'est inscrit sous le signe d'un libéralisme commercial des plus pragmatiques.
Hôte de la réunion, le Premier ministre britannique David Cameron avait fait du commerce le thème phare de l'édition 2013 du sommet du G8. M. Cameron avait vanté les gains potentiels pour l'ensemble de la planète d'un accord de libre-échange transatlantique, chiffrés à plus de 100 milliards d'euros. Il avait aussi vanté les gains potentiels pour le PIB de la conclusion de tous les accords de libre-échange bilatéraux en cours pour les pays du G8, évalués à plus de 800 milliards d'euros.
M. Cameron peut se satisfaire d'un double succès. D'une part du coup d'envoi officiel donné par les dirigeants européens et le président américain Barack Obama, en ouverture du sommet de Lough Erne, le 17 juin, des négociations de libre-échange UE/États-Unis. D'autre part de l'engagement affirmé par les dirigeants des pays du G8 en faveur du libre-échange et contre le protectionnisme, en faveur de l'OMC et du système multilatéral, mais surtout en faveur d'accords bilatéraux « ambitieux ». Des accords bilatéraux qui, en dépit des assurances du G8 qu'ils seront « conformes et solidaires du cadre de l'OMC, en agissant comme blocs de construction pour les futurs accords multilatéraux », mettent toujours un peu plus en péril le multilatéralisme.
Le G8 a toutefois promis mardi son « soutien au rôle central de l'OMC » pour fixer les règles qui sous-tendent le commerce mondial, faire baisser les barrières qui entravent la croissance mondiale, résister et faire reculer le protectionnisme et veiller à la bonne application de règles du jeu équitables dans le commerce mondial. Il a aussi apporté son soutien à un accord partiel à la conférence de l'OMC de Bali, fin 2013, en particulier sur la facilitation des échanges, qui pourrait générer 70 milliards de dollars de revenus supplémentaires à l'économie mondiale. Concernant le commerce pour l'Afrique, le G8 a aussi promis qu'il soutiendra l'objectif des pays africains de doubler leurs échanges intra-continentaux d'ici 2022.
Reste désormais à vérifier si le G8 comblera l'écart croissant entre ses promesses et une réalité de plus en plus marquée par les tentations protectionnistes. Selon un rapport établi par Global Trade Alert, les pays du G8 sont responsables de 30% des restrictions aux échanges adoptées dans le monde entre juin 2012 et mai 2013. (EH)