Bruxelles, 18/06/2013 (Agence Europe) - À la suite d'un recours en référé du syndicat de l'ERT, le gouvernement grec a été contraint par le Conseil d'État grec, la plus haute autorité administrative du pays, de rouvrir temporairement la radiotélévision publique grecque ERT, jusqu'à ce qu'un nouvel organisme audiovisuel restructuré voie le jour. Le Conseil d'État a également souligné, dans son jugement, le rôle clé joué par l'ERT dans la diffusion d'informations, d'émissions éducatives et de loisirs pour la population grecque et la diaspora. Le Premier ministre, Antonis Samaras, qui avait procédé à la fermeture unilatérale du signal de l'ERT le 11 juin dernier, avait proposé, quelques minutes avant la publication du jugement du Conseil d'État, de revenir sur sa décision vivement critiquée en Grèce et à l'étranger. M. Samaras a proposé qu'une commission, composée de représentants des trois partis de la coalition, soit chargée d'embaucher le nombre de journalistes nécessaires à la reprise temporaire des programmes jusqu'à ce que soit adopté le nouveau projet de loi restructurant l'audiovisuel public, présenté par le gouvernement mercredi dernier, au lendemain de la fermeture d'ERT. Des conseillers étrangers, de la BBC notamment, ainsi que d'autres groupes audiovisuels publics européens, devraient aider à la constitution de ce nouvel organisme pour qu'il réponde aux normes de pluralisme, d'indépendance et de transparence nécessaires pour correspondre aux standards européens d'un média public et non un média d'État, qui était la situation de l'ERT jusqu'à présent, souligne une source gouvernementale. Dans un communiqué, l'Union européenne de Radio-Télévision (UER) a salué le jugement rendu par le Conseil d'État grec. Le président de l'UER, Jean-Paul Philippot, qui s'était déplacé à Athènes la semaine dernière afin d'exiger la réouverture immédiate du signal d'ERT, a déclaré: « C'est un revirement positif car cela signifie que le média de service public sera à nouveau au service de la Grèce (…) Nous offrons notre soutien pour ériger un nouveau radiodiffuseur public, performant, indépendant et durable, qui contribuera au pluralisme et à la diversité de la société grecque », s'est-il réjoui.
En signe de solidarité avec les journalistes et les employés d'ERT, la délégation grecque du groupe S&D au Parlement européen a tenu, ce mardi 18 juin, une conférence de presse conjointe avec la PROSPER (Pan-Hellenic Federation of Personnel of Radio and Television Enterprises (POSPERT), qui défend les intérêts des employés d'ERT, et à laquelle était conviées l'Association pour la presse internationale (API) et la Fédération italienne des journalistes. La présidente de l'API, Ann Cahill, et son ancien président, Lorenzo Consoli, ont exprimé leur profonde inquiétude à propos de la situation des médias en Grèce. L'API a rappelé les dispositions du Protocole d'Amsterdam sur le système de radiodiffusion publique dans l'Union européenne, stipulant que les radiodiffuseurs publics sont à la base de l'expression de la démocratie dans les États membres. Lorenzo Consoli a également regretté l'attitude de la Commission européenne qui n'a pas dénoncé fermement la fermeture de l'ERT mais se réfugie derrière le fait que la gestion du service public dépend des États membres et non de la Commission. (IL)