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Bulletin Quotidien Europe N° 10869
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Les régions Bretagne et Galice défendent la pêche en eau profonde

Bruxelles, 18/06/2013 (Agence Europe) - Les régions française de Bretagne et espagnole de Galice ont uni leur voix lundi 17 juin à Bruxelles pour défendre le secteur de la pêche en eau profonde, face aux intentions de la Commission européenne (EUROPE n° 10829). Celle-ci propose d'interdire progressivement les chaluts de fond et de les remplacer par des palangres, des engins de pêche réputés moins néfastes pour les fonds marins.

Les régions de Bretagne et Galice ont alerté les députés européens sur les conséquences économiques et sociales d'une telle interdiction sur leur territoire. « Le maintien durable de l'activité de pêche en eau profonde ne conditionne pas seulement l'équilibre économique des entreprises concernées mais également celui des territoires maritimes », selon la région de Bretagne, qui considère qu'un emploi à la pêche de grands fonds génère 3,2 à 4,3 emplois à terre. « Ce sont des économies territoriales entières qui pourraient être déstabilisées par la disparition de cette activité. »

L'importance socio-économique de cette pêche ne peut être évaluée uniquement en fonction du nombre de bateaux et de marins la pratiquant ou des tonnages débarqués. La rentabilité économique des armements mais aussi du reste de la filière repose sur une diversité des apports. « Quelle que soit la part des espèces d'eau profonde dans l'activité des armements, des halles à marée ou des mareyeurs, elle est indispensable à leur rentabilité. »

Les territoires maritimes demandent à la Commission et au Parlement européen de prendre en compte les propositions constructives faites par les professionnels afin de mieux encadrer la pêcherie et assurer sa durabilité ainsi que celle de la ressource. Elles s'appuient sur les données scientifiques qui montrent que certains stocks exploités sont en croissance pour affirmer que les mesures de gestion proposées par la Commission européenne sont disproportionnées.

« Il ne faudrait pas que l'espèce la plus menacée soit celle des pêcheurs », a déclaré Norbert Métairie, maire de Lorient.

Isabelle Thomas, députée européenne (S&D, France) a été choquée lorsque la Commission a annoncé que cette interdiction ne concernait que 1% de la pêcherie européenne. « On demande donc une étude socio-économique qui n'a toujours pas été présentée », a-t-elle dit. Le règlement tel qu'il est conçu va, selon Mme Thomas, « impacter quasiment tous les chalutiers de la façade Atlantique ».

Pierrick Massiot, président du Conseil régional de Bretagne, fait valoir que cette pêche est très encadrée depuis 2003: définition de zones très précises de pêche (zones contrôlées par satellite), observateurs à bord pour contrôler ce que remontent les chaluts et ce qui est rejeté (la pêche en eau profonde ne génère pas plus de rejets que dans les autres pêcheries, de l'ordre de 20%). En outre, « il y a un maintien de la pêche sur les zones déjà pêchées pour éviter d'aller sur des secteurs où la biodiversité sous-marine, notamment les coraux, risqueraient d'être affectés ». Les efforts réalisés ont permis, selon M. Massiot, de réduire les volumes pêchés et de reconstituer la ressource. Une hausse des quotas est même prônée par les scientifiques s'agissant de la lingue bleue et du grenadier de roche.

Pour Juan Carlos Maneiro Cadillo, secrétaire général à la mer de la région Galice, il s'agit de « faire preuve de bon sens » en tenant compte de l'impact économique d'une interdiction. Dans sa région, « ce sont des villages entiers qui verraient leur moyen de subsistance fortement menacé ». (LC)

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