Bruxelles, 25/04/2013 (Agence Europe) - Plusieurs eurodéputés ont demandé, parfois avec véhémence, au commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, de s'expliquer sur la politique économique de la Commission, jeudi 25 avril lors d'un débat sur les déséquilibres macroéconomiques dans l'UE.
Certains élus de pays sous programme ont dénoncé l'entêtement d'une Commission européenne arcboutée sur l'austérité budgétaire. « Je viens d'un pays qui a suivi les recommandations de la 'troïka' jusqu'à la dernière limite »: depuis 2010, la dette publique est passée de 93% à 124% du PIB, le chômage a grimpé à 19% et la récession se poursuivra encore en 2013, a déclaré Elisa Ferreira (S&D, portugaise). Elle a fait référence aux déclarations du président de la Commission pour qui les politiques actuelles, quoiqu'indispensables, avaient atteint les limites du supportable socialement et politiquement (EUROPE n° 10833). « Moi je dis: 'basta !' », a-t-elle lancé plusieurs fois.
Selon Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), citer l'Irlande en exemple de bon élève des pays sous programme pose problème car, dans ce pays, « la pauvreté augmente ».
Exhortant au contraire la Commission à maintenir le cap, Jean-Paul Gauzès (PPE, français) lui a reproché la faiblesse de son langage devenu subitement beaucoup plus accommodant pour les pays en difficulté. « Dans les périodes difficiles, il faut du courage et de la conviction. J'ai le sentiment que ces deux qualités manquent à la Commission. Le courage, ce n'est pas atténuer les politiques prises. Ou ces politiques sont adéquates et il faut continuer. Sinon, il faut en changer », a-t-il considéré. « Les propos de M. Barroso me laissent craindre qu'on cède à l'air du temps », a-t-il ajouté, alors que des pays comme la France, dont l'économie stagne et détruit des emplois, méritent une attention particulière à la lumière du Pacte de stabilité révisé. Il a évoqué une lettre à la Commission (et à la France) du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui fait des recommandations sur les réformes que Paris devrait entreprendre pour relancer son économie. « La France ne connaît pas l'austérité, mais le matraquage fiscal ! », a tranché M. Gauzès.
Sans ignorer les difficultés des citoyens des pays les plus en difficulté ni renier sa ligne de conduite, M. Rehn a estimé que la consolidation des finances publiques demeurait nécessaire et doit avancer en parallèle avec les réformes structurelles. « Le niveau élevé de dette publique a tendance à avoir un impact négatif sur l'économie », a-t-il répété. Et de déplorer que les réductions de déficit fassent la part trop belle aux augmentations d'impôts et pas assez aux économies. (MB)