Strasbourg, 14/12/2006 (Agence Europe) - Une délégation parlementaire syrienne a été reçue le 13 décembre à Strasbourg, en marge de la plénière, par les membres de la délégation du Parlement européen pour les relations avec le Mashrek, présidée par Béatrice Patrie (PSE, France). Les questions du nucléaire iranien, de la guerre entre le Liban et Israël, de la stabilisation du Liban et de la situation interne en Syrie ont été débattues. Cette visite (la 8ème du genre) entre dans le cadre des contacts réguliers entre le PE et le parlement syrien, représenté par le président de la commission des affaires étrangères, Noumeir Ghanem. Elle intervient cependant dans un contexte délicat marqué par l'aggravation de la situation politique au Moyen-Orient et en particulier au Liban. La classe politique s'y affronte sur les suites à donner au rapport du juge européen (belge), M. Brammertz, sur les responsabilités de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Hariri, et surtout sur les suites à donner à ce rapport. Le contexte est aussi celui de relations tendues entre l'UE et ce pays et en même temps de tentatives de relance conditionnelles de ces relations, notamment pour la signature de l'accord d'association. Le PE avait adopté, lors de sa dernière session, une résolution recommandant une approche prudente mais qui pourrait contribuer à sortir Damas de son isolement diplomatique et de son alignement sur Téhéran. Les Britanniques, jusqu'à présent opposés à de telles tentatives, ont amorcé un rapprochement et le chef de la diplomatie néerlandaise vient de se rendre en Syrie.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, a appelé la Syrie à « jouer un rôle constructif » dans le conflit israélo-palestinien, au Liban et en Irak, à l'issue d'un entretien à Damas avec le président syrien Bachar el-Assad. « La Syrie est un pays clé au Proche-Orient. Elle assume d'importantes responsabilités. Je suis certain que les regards de l'Europe se tourneront vers ce pays s'il joue un rôle constructif dans le conflit palestinien, au Liban et en Irak », a affirmé M. Bot lors d'une conférence de presse, à l'issue de sa courte visite dans la capitale syrienne. M. Bot a affirmé avoir reçu « des signaux positifs » de ses interlocuteurs syriens: le président Assad, le vice-président Farouk el-Chareh, le Premier ministre Mohammad Naji Otri et le ministre des Affaires étrangères Walid Moallem. « Ils m'ont assuré que la Syrie voulait jouer un rôle constructif dans la crise libanaise (...) notamment pour l'application de la résolution 1701 » de l'ONU, selon M. Bot. « Nous soutenons le gouvernement libanais de Fouad Siniora », a affirmé le ministre néerlandais. « Nous pensons que la Syrie pourra être très utile à (la consolidation) du cessez-le-feu » entre les Palestiniens et Israël, a encore dit M. Bot, arrivé lundi soir à Damas.
De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré mardi à Berlin que la paix ne pourra pas se réaliser au Proche-Orient sans qu'on y associe la Syrie, précisant cependant que la coopération avec Damas serait très difficile actuellement. Mme Merkel intervenait devant l'Association de la presse étrangère une semaine après la visite effectuée en Syrie par son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. « La Syrie est simplement là, dans la région, en tant que partenaire. C'est un pays de la région et il importe que nous disions à la Syrie ce que nous attendons d'elle. Je ne crois pas que l'on puisse parvenir à un règlement de paix global au Proche-Orient sans y intégrer la Syrie d'une façon ou d'une autre», a dit Angela Merkel. (fb)