Sept États membres - l'Estonie, la Finlande, l'Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Suède - sont d'avis que le prêt 'Reparations Loan' à l'Ukraine, qui mettrait à contribution les 210 milliards d'euros d'avoirs de la Banque de Russie immobilisés dans l'Union européenne, constitue l'option « la plus faisable financièrement et réaliste politiquement », dans un courrier adressé aux présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, António Costa, dimanche 7 décembre.
Étant donné l'urgence de la situation et l'ampleur des besoins, nous soutenons « fermement » la proposition de la Commmission relative à un prêt 'Reparations Loan' financé par les soldes de trésorerie émanant des avoirs russes immobilisés (EUROPE 13765/1), écrivent les sept dirigeants. Une telle solution confirme le droit fondamental de l'Ukraine d'obtenir « une compensation pour les dommages causés par l'agression » militaire de la Russie, ajoutent-ils.
Voir la lettre des septs pays : https://aeur.eu/f/jwb
Les chefs de gouvernement soulignent l'importance de parvenir à une solution au Conseil européen des 18 et 19 décembre. Il conviendra d'ici là de convaincre la Belgique, qui accueille la grande partie des avoirs russes immobilisés.
Vendredi, le Premier ministre belge, Bart De Wever, a dîné avec Mme von der Leyen et le chancelier allemand, Friedrich Merz, très impliqué dans ce dossier (EUROPE 13767/18).
Évoquant une discussion constructive, Mme von der Leyen et M. Merz ont reconnu que « la préoccupation particulière de la Belgique concernant la question de l'utilisation des avoirs russes gelés [était] indéniable et [devait] être prise en compte dans toute solution envisageable, de manière à ce que tous les États européens supportent le même risque », dans des déclarations séparées.
Lundi, Mme von der Leyen a reconnu que le montage financier lié à 'Reparations Loan' était « complexe », mais, a-t-elle souligné, ce prêt, que l'Ukraine ne rembourserait qu'après que Moscou lui aura versé des réparations de guerre, « augmente le coût de la guerre pour la Russie ».
Lundi, lors d'une réunion en distanciel, les ministres des Finances des pays du G7 ont également réaffirmé leur soutien « indéfectible » à l'Ukraine. Accueillant favorablement l'accord au FMI en vue de la poursuite de l'aide financière à Kiev, qui évalue les besoins ukrainiens à 135 milliards d'euros pour 2026 et 2027, ils sont convenus de « travailler ensemble pour élaborer un large éventail d'options de financement », y compris celle du prêt 'Reparations Loan'. (Mathieu Bion)