Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a annoncé, jeudi 26 juin, que les dirigeants européens étaient convenus de renouveler les sanctions économiques à l’encontre de la Russie. Le renouvellement pour six mois de ces sanctions, qui ont cours jusqu’au 31 juillet, devra encore faire l’objet d’un accord formel.
À l’inverse, les dirigeants n’ont pas formellement donné leur accord pour l’adoption du 18e paquet de sanctions, même si un accord devrait arriver « dans les tout prochains jours », selon le président français, Emmanuel Macron.
Dans la déclaration à 26 qu’ils ont adoptée, les dirigeants appellent le Conseil à adopter rapidement un nouveau train de sanctions.
Avant le Conseil, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, avait demandé de reporter le vote sur le 18e paquet, prévu en Comité des représentants des États membres auprès de l’UE (Coreper), le 27 juin, en menaçant d'y opposer un veto, invoquant la proposition législative de la Commission européenne visant une interdiction des contrats de gaz russe d’ici fin 2027 (EUROPE 13661/5).
« La raison en est que l'acte législatif interrompant les flux de gaz à partir du 1er janvier 2028 est, à notre avis, une sanction aux conséquences considérables. Par conséquent, cette question doit être résolue en premier lieu - définissons la solution et ce n'est qu'ensuite que nous pourrons discuter d'autres paquets de sanctions », a-t-il expliqué.
L'ouverture des chapitres de négociations toujours bloquée
Dans leurs conclusions, les 26 États membres de l’UE réitèrent aussi leur soutien « indéfectible » à l’Ukraine sur la voie de son adhésion à l’UE, saluant les progrès « significatifs réalisés » par Kiev dans les réformes. Ils invitent le Conseil à « franchir les prochaines étapes » du processus d'adhésion conformément à l'approche fondée sur le mérite. « La Commission européenne défend l'ouverture du 1er ensemble ('cluster') » de chapitres de négociation d'adhésion, a précisé la présidente Ursula von der Leyen.
Mais cela n’est pas suffisant pour convaincre le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, fort du vote négatif à 95%, dans son pays, sur l'adhésion de l'Ukraine à l'UE. « Je suis arrivé avec un mandat fort (...) Je dirai lors des négociations (entre dirigeants), avec la voix de plus de deux millions de Hongrois, que la Hongrie ne soutient pas l'adhésion de l'Ukraine à l'UE. Ce sont les faits », avait-il expliqué à son arrivée.
Voir les conclusions sur l'Ukraine: https://aeur.eu/f/hln (Camille-Cerise Gessant et Pauline Denys, avec la rédaction)