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Bulletin Quotidien Europe N° 13668
CONSEIL EUROPÉEN / États-unis

Les dirigeants européens tentent d'accorder leurs violons sur les négociations commerciales avec Donald Trump

Les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne ont été informés par la Commission européenne sur les négociations en cours avec les Américains, lors du sommet européen du 26 juin. Celles-ci progressent, selon plusieurs sources de la Commission. Mais aucun accord n'émerge à ce stade. L'administration américaine a soumis à la Commission, le même jour, un document de contre-propositions pour la suite des négociations. Toutefois la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, n'en a pas partagé les détails avec les dirigeants, selon plusieurs d'entre eux.

Le même jour en tout cas, la Maison-Blanche, par la voix de sa porte-parole, Karoline Leavitt, a ouvert la porte à un prolongement de la date butoir du 9 juillet. « Mais c’est au Président de prendre cette décision », a précisé la porte-parole.

Protéger rapidement les secteurs stratégiques. Pour l’heure, quelques États membres s’impatientent. La France et l’Allemagne craignent, par exemple, qu’un retour à des tarifs transversaux inférieurs à 10% soit inatteignable. Dans ce contexte, ils souhaitent explorer la possibilité d’avoir des accords sur des secteurs particulièrement exposés comme l’automobile, l’aéronautique, les semiconducteurs ou l’industrie pharmaceutique.

« J'ai dit à mes collègues : 'Trouvons rapidement une solution, s'il vous plaît'. J'ai notamment fait référence à certaines industries que nous avons en Allemagne; l'industrie chimique, pharmaceutique, la construction mécanique, [celles de] l'acier et l'aluminium, l'industrie automobile, sont actuellement toutes soumises à des tarifs tellement élevés que cela met vraiment en danger les entreprises », a affirmé le chancelier allemand, Friedrich Merz, au sortir de la réunion.

Son homologue français, Emmanuel Macron, pense qu'il y a « clairement un chemin » pour réduire les droits de douane dans ces secteurs. Selon lui, des mesures de rééquilibrage symétriques sont toutefois à envisager. À la fin, « le prélèvement qui est fait sur nos industriels donnera lieu à un même prélèvement qui sera fait sur leurs industriels, parce que, sinon, nous serions naïfs ou faibles, ou les deux à la fois », a expliqué le président français. Et de citer l'exemple des 10% de tarifs douaniers actuellement appliqués sur les produits européens.

Une affirmation qui s'éloigne de la logique affichée par la Commission européenne ces derniers mois, qui consiste à ne pas taxer les produits américains de manière symétrique, mais plutôt à cibler des secteurs qui feront du mal aux États-Unis tout en préservant les entreprises européennes.

Prendre le temps pour un bon accord. Si tous les membres du Conseil européen s'impatientent de voir une solution, tous ne partagent les visions française et allemande, selon un diplomate européen, qui assure que, parmi les États membres, une écrasante majorité soutient les travaux de la Commission pour un accord transversal.

« Nous allons rester calmes, nous allons négocier et nous espérons trouver un accord », a affirmé le Premier ministre belge, Bart De Wever.

Partageant aussi le soutien à la Commission, son homologue luxembourgeois, Luc Frieden, s'est même permis une plus grande dose d’espoir : « Je pense que l’ambiance positive que nous avons eue à La Haye sur les questions de sécurité aura, je l’espère, un impact positif sur les négociations commerciales ». Et d’admettre cependant qu’une « nouvelle stratégie est nécessaire ».

Mercosur. Ce sujet n'était pas strictement à l'agenda du sommet européen, mais était inévitable alors que la Commission prévoit de publier sa proposition de conclusion et de signature de l'accord au Conseil d'ici lundi 30 juin. Après des années d'attente, le chancelier allemand a rappelé sa volonté d'aller vite, et plusieurs États membres dans le camp des libéraux, ainsi que l'Espagne, le rejoignent sans hésiter.

La France, de son côté, maintient sa ligne d'opposition : l'accord n'est pas satisfaisant en l'état. Pour être acceptable, il faudrait un instrument additionnel comprenant des mesures de sauvegarde sur « certains produits agricoles clés », a expliqué M. Macron. (Léa Marchal avec la rédaction)

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