Près d'une soixantaine de dirigeants du monde sont attendus à Séville (Espagne), du lundi 30 juin au jeudi 3 juillet, pour la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4). Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé à Agence Europe la participation de la présidente, Ursula von der Leyen, ainsi que des commissaires européens Jozef Síkela (Partenariats internationaux) et Wopke Hoekstra (Action pour le climat).
Ce rendez-vous international s’inscrit dans un contexte marqué par un recul de l’aide publique au développement (APD) dans de nombreux pays, y compris européens. Les États-Unis, en particulier, ont opéré un retrait soudain et massif de près de 30 milliards de dollars, à travers l’interruption brutale de financements gérés par leur agence de développement, USAID.
D'après un projet de conclusions du Conseil européen (EUROPE 13667/10), la FFD4 constitue, pour les vingt-sept chefs d'État ou de gouvernement des pays de l'UE, « une étape importante vers la mise en place d’un cadre mondial renouvelé de financement du développement durable ».
Une source de l'Élysée a affirmé, jeudi 26 juin, l'objectif d'envoyer à Séville « un message fort sur la vision du développement » porté par la communauté internationale, avec l'endiguement des effets du changement climatique au cœur des objectifs.
Vers une nouvelle architecture de financement ? Les moyens de mieux mobiliser les investissements privés seront examinés sur base du constat, de plus en plus prégnant, que l’aide publique, à elle seule, ne suffira pas à relever les défis humanitaires et climatiques.
Selon une source européenne, le retrait de l’USAID a constitué un véritable « électrochoc », révélant la fragilité structurelle de systèmes de soins de santé « maintenus sous perfusion » dans les pays en développement.
De nouvelles sources de financement, tirées des flux de la mondialisation - tels que le trafic aérien, maritime ou la production de plastique -, devraient aussi faire partie des discussions.
D’autres objectifs portant sur la fiscalité, la transparence, le soutien à l’APD ou encore la réforme de l’architecture de la dette figurent dans un projet de conclusions de la FFD4, intitulé 'Engagement de Séville' ('Compromiso de Sevilla'), adopté le 17 juin dernier par un comité préparatoire - en l’absence des États-Unis.
Voir le projet de texte du 'Compromiso de Sévilla' : https://aeur.eu/f/hl2 (Bernard Denuit)