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Bulletin Quotidien Europe N° 13668
CONSEIL EUROPÉEN / Proche-orient

Violation du droit international par Israël - les dirigeants européens demandent à leurs ministres de discuter des prochaines étapes

Le président du Conseil européen, António Costa, a dénoncé, jeudi 26 juin, la situation humanitaire « catastrophique » à Gaza et le fait que les droits humains y sont bafoués, précisant que les ministres des Affaires étrangères des États membres discuteraient, lors de leur Conseil de mi-juillet, des prochaines étapes d'action de l'UE. Entre-temps, les Européens discuteront avec Israël « de la manière de sortir de la crise et de changer la situation sur le terrain », a ajouté M. Costa à l'issue du sommet européen. 

Déplorant, dans ses conclusions, la situation humanitaire « désastreuse » à Gaza, le nombre « inacceptable » de victimes civiles et « l'ampleur de la famine » et appelant Israël à lever totalement son blocus, le Conseil européen se contente de « prendre note du rapport sur le respect par Israël de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël et invite le Conseil à poursuivre les discussions sur un suivi, le cas échéant, en juillet 2025, en tenant compte de l’évolution de la situation sur le terrain ».

L'adoption de mesures pourrait cependant s'avérer difficile en raison des divisions entre États membres (EUROPE 13665/3). 

À son arrivée, le Premier ministre slovène, Robert Golob, a expliqué qu’« Israël violait les droits de l'homme et il (était) du devoir (des Européens) d'agir en conséquence », « rapidement et avec détermination ». Il a précisé que si cela ne se faisait pas au niveau européen, il le ferait au niveau national. « Le minimum que nous attendons est le gel de la partie commerciale de l'accord », a-t-il expliqué. 

L'Irlandais Micheal Martin a prévenu que « les Européens trouv[ai]ent incompréhensible que l'Europe ne semble pas en mesure de faire pression sur Israël et de l'influencer pour mettre fin à cette guerre et au massacre incessant d'enfants et de civils innocents ». Il a précisé qu’il chercherait à « mettre en place des mécanismes pour garantir que (la) guerre cesse et que l'aide humanitaire parvienne d'urgence à Gaza ».

Qualifiant la situation de « génocide », le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a souligné qu’il était incohérent d’avoir 18 paquets de sanctions contre la Russie pour son agression contre l’Ukraine « alors qu’en parallèle, face à une violation flagrante des droits de l’homme, l’Europe n’est même pas capable de suspendre un accord d’association. Ce double standard est inadmissible ».

Mais d'autres dirigeants se sont montrés plus modérés, tout en dénonçant la situation humanitaire. « L'accord d'association n'a pas grand-chose à voir avec la situation humanitaire à court terme. L'Europe devrait se concentrer sur ce point », selon le Premier ministre belge, Bart De Wever. Son homologue luxembourgeois, Luc Frieden, a estimé que le dialogue était « plus important que de geler des accords ». 

Le chancelier autrichien, Christian Stocker, à qui le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a « assuré qu’il allait intensifier tous les efforts afin de permettre une aide humanitaire effective », a jugé qu’une suspension de l’accord n'aurait pas d'effet bénéfique. 

Au-delà de l’accord d’association, M. Martin a rappelé que l’UE avait d’autres moyens d’action, citant les sanctions adoptées par des pays tiers envers des colons violents et des ministres israéliens extrémistes. 

Voir les conclusions du Conseil européen: https://aeur.eu/f/hlm (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

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