Le commissaire européen à la Pêche, Costas Kadis, a salué, lundi 19 mai, l’accord « historique » conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui permet de « garantir un accès réciproque aux eaux jusqu’en 2038 » (EUROPE 13643/1 et autres nouvelles).
L’Union européenne sort renforcée de cet accord, qui offre aux pêcheurs douze années supplémentaires d’accès aux eaux britanniques. De leur côté, les pêcheurs britanniques auraient préféré le maintien de négociations annuelles, dans l’espoir de récupérer davantage de volumes de captures.
La ministre française Agnès Pannier-Runacher a estimé que l’accord « apportera une visibilité économique et politique à la pêche française ».
Pour l’organisation européenne Europêche, l’accord « traduit une volonté partagée de promouvoir la prévisibilité, les bénéfices mutuels et une collaboration renforcée dans la gestion des ressources marines partagées ».
Ce nouvel accord, qui remplace les dispositions actuelles expirant en juin 2026, « offrira une sécurité indispensable aux communautés de pêche européennes dépendantes de l’accès aux eaux britanniques », selon Europêche. En contrepartie, l’UE et le Royaume-Uni sont convenus de mesures destinées à atténuer les frictions commerciales, notamment par la simplification des règles et des contrôles sanitaires et phytosanitaires.
Les Britanniques déçus. Cette prolongation garantira la stabilité et la sécurité des équipages britanniques « sans augmenter la quantité de poissons que les navires européens peuvent pêcher dans les eaux britanniques », assure Downing Street. Les critiques n’ont pas tardé à se faire entendre. Le secteur de la pêche « semble avoir été abandonné » par Londres, a dénoncé le Premier ministre écossais, John Swinney. La Fédération écossaise des pêcheurs a qualifié l’accord de « film d’horreur ».
La Fédération nationale des organisations de pêcheurs (National Federation of Fishermen’s Organisations) s’est dite « très déçue », affirmant que cet accord « sacrifie la meilleure perspective de croissance qu’auraient pu avoir l’industrie de la pêche et les communautés côtières pour la décennie à venir ».
Downing Street souligne toutefois que l’industrie britannique bénéficiera largement de l’accord, qui permettra notamment à certains produits alimentaires - y compris les coquillages - d’être exportés vers l’UE pour la première fois depuis le Brexit.
L'accord actuellement en vigueur prévoit que 25% des droits de pêche de l’UE dans les eaux britanniques soient progressivement transférés aux flottes britanniques entre 2021 et 2026. (Lionel Changeur)