La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a expliqué, mardi 20 mai, que son pays s’opposait à l’objectif proposé par les États-Unis, et repris par le secrétaire général de l’OTAN, d’atteindre 5% du PIB en dépenses de défense d’ici quelques années.
« Nous nous sommes engagés à atteindre l’objectif de 2% du produit intérieur brut, et nous allons le faire cette année. Cela implique un effort très important, qui s'élève à 10,471 milliards d'euros en plus de ce qui se trouve dans le budget de la défense », a-t-elle expliqué à l’issue du Conseil de l'UE des ministres de la Défense. Ainsi, selon elle, il n’est pas « approprié, à ce stade, de parler de nouveaux pourcentages ; l'important est de voir quelles capacités sont nécessaires ». Mme Robles a précisé que certains pays étaient « sur la même longueur d’onde » que son pays et que parler de pourcentages sans expliquer les raisons de ces pourcentages, sans analyser clairement les capacités nécessaires et, surtout, la capacité de l’industrie de défense européenne à assumer une telle somme d’argent, « pourrait conduire à des déséquilibres ».
Plus tôt dans la journée, le ministre allemand Boris Pistorius avait préféré parler de « la reconstitution des exigences de l’OTAN, en termes de capacités et de moyens » que de pourcentages.
Simplification des règles. Au-delà de la défense et de son financement, plusieurs ministres se sont exprimés en faveur de la simplification des règles au sein de l'UE. La Commission européenne doit présenter, le 17 juin, un 'omnibus' sur la défense. « Les mesures que nous pouvons prendre pour réduire la paperasserie et accroître l'efficacité de notre réarmement sont, à mon avis, les bienvenues. Par exemple, concernant la directive sur les marchés publics ou certaines autorisations », a ainsi souligné le ministre de la Défense suédois, Pål Jonson. « Nous aimerions voir la bureaucratie supprimée pour la réglementation, c’est un fardeau énorme », a ajouté son homologue estonien, Hanno Pevkur.
Capacité de déploiement rapide. À l'issue du Conseil, la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, a annoncé que la capacité de déploiement rapide - un des projets phares de la 'Boussole stratégique' - était opérationnelle. « Les 5 000 soldats européens qui font partie de la capacité de déploiement rapide de l'UE sont désormais opérationnels. Cela permettra à l'Europe d'agir plus rapidement en cas de crise », a-t-elle souligné.
Coopération structurée permanente (CSP). Par ailleurs, le Conseil de l’UE a adopté, mardi, une décision confirmant que la participation de la Suisse au projet de CSP 'Cyber Ranges Federations' remplissait les conditions générales pour que le pays soit invité à participer à un projet (decision 2020/1639 de novembre 2020). Le projet 'Cyber Ranges Federations' vise à développer des plateformes sophistiquées et performantes à des fins de cyberformation. La décision autorise l'Estonie, en tant que coordinatrice du projet, à inviter officiellement la Suisse à le rejoindre, en réponse à la demande du pays d'octobre 2024. Une fois que la Suisse aura conclu un accord administratif avec le projet, elle en deviendra officiellement membre. (Camille-Cerise Gessant)