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Bulletin Quotidien Europe N° 13639
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POLITIQUES SECTORIELLES / Mer

La protection de zones dans l'océan n'est pas une mesure punitive contre les pêcheurs, selon l'eurodéputée Emma Fourreau

L’eurodéputée Emma Fourreau (La Gauche, française) a présenté, mardi 13 mai à Bruxelles, un « contre-plan » de plus de cent mesures pour protéger les océans, qui vise à encourager la Commission européenne et les États membres à adopter une approche plus ambitieuse pour préserver « le poumon bleu » de la planète.

Au nom de son groupe au Parlement européen, Emma Fourreau a estimé que la France, qui accueillera en juin à Nice la conférence des Nations unies sur les océans, ne fixe pas d’objectifs suffisamment ambitieux.

Par ailleurs, la Commission européenne adoptera le 4 juin son 'Pacte pour les océans', mais celui-ci ne contiendra pas de mesures réellement concrètes, selon le groupe La Gauche (EUROPE 13638/10). 

« C’est pour cette raison que nous avons voulu anticiper avec ce contre-plan composé de 106 mesures », a expliqué l’eurodéputée, soulignant que « l’océan est responsable d’une respiration sur deux que nous prenons ». 3,5 milliards de personnes dépendent directement des ressources marines et 50% de la population mondiale vit sur les côtes.

Concernant la protection des écosystèmes marins, le groupe soutient l’objectif de l’UE d’atteindre 30% d’aires marines protégées (AMP) d’ici 2030, dont 10% sous protection stricte. Aujourd’hui, « une AMP n’a absolument rien de protégé », a déploré Emma Fourreau, évoquant les pires méthodes de pêche pratiquées ainsi que les activités extractives. « Il nous faut davantage de protection stricte », a-t-elle insisté.

Elle a précisé que la protection des espaces marins ne doit pas être perçue comme une « mesure punitive » à l’encontre des pêcheurs : « Si les poissons n’ont pas le temps de grandir et de se reproduire, c’est la mort programmée de la pêche, et les pêcheurs en sont parfaitement conscients », a-t-elle affirmé.

En réponse à une question d'Agence Europe, Mme Fourreau a confirmé que le groupe demande l’interdiction des activités de chalutage dans les AMP, mais aussi de manière générale. Elle a plaidé pour une « transition sociale et économique » dans le secteur de la pêche, en éradiquant les méthodes de pêche destructrices. Le chalutage de fond, a-t-elle dénoncé, « détruit les fonds marins et les habitats et capture toutes les espèces de poissons sans aucune sélectivité ».

Les pêcheurs sont conscients, selon elle, que ces méthodes menacent directement leurs emplois.

Lien vers le contre-plan : https://aeur.eu/f/GSQ  (Lionel Changeur)

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