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Bulletin Quotidien Europe N° 13639
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Lors de leur réunion informelle, la majorité des ministres européens de l’Énergie soutiennent une sortie définitive des combustibles fossiles russes

À leur arrivée à la réunion informelle 'Énergie', mardi 13 mai à Varsovie, plusieurs ministres européens de l’Énergie ont évoqué l’importance de la 'feuille de route' de la Commission européenne pour un abandon des combustibles fossiles russes (EUROPE 13637/8).

Ce plan présente plusieurs initiatives à venir, dont celle qui permettra aux entreprises européennes de mettre fin aux contrats à long terme pour l’approvisionnement en gaz russe d’ici la fin 2027. La Commission européenne a indiqué qu’elle présenterait en juin la base légale qui permettra d’adopter cette mesure à la majorité qualifiée. Cela signifie donc que la Hongrie et la Slovaquie ne pourront pas bloquer le texte (EUROPE 13635/19).

« Je suis très heureuse que nous ayons un plan, et qu’il ne puisse pas être mis en péril par un veto, car nous le finaliserons et l'adopterons à la majorité », a souligné la ministre polonaise du Climat et de l’Énergie, Paulina Hennig-Kloska.

Conclusions sur la sécurité énergétique. La ministre a également expliqué qu’elle comptait sur le fait que les conclusions sur la sécurité énergétique, que la Présidence polonaise est en train de négocier, fassent mention de ce plan (EUROPE 13636/21).

Elle a néanmoins indiqué qu’il était trop tôt pour entrer dans les détails de ces conclusions, qu’elle espère voir adoptées en juin.

À Agence Europe, le ministre danois du Climat et de l'Énergie, Lars Aagaard Møller, a expliqué que la poursuite des objectifs de la 'feuille de route' de la Commission serait une priorité absolue pour la future Présidence danoise du Conseil de l’UE, qui démarrera le 1er juillet prochain.

Si la majorité des États membres saluent également l’initiative, beaucoup partagent des préoccupations communes, comme l’a expliqué le secrétaire d’État roumain à l’Énergie, Cristian Bușoi.

« Il y a beaucoup d'idées pertinentes et utiles, mais nous sommes toujours confrontés à des prix élevés de l'énergie, de l'électricité en particulier. C'est un problème de compétitivité pour notre industrie », a-t-il expliqué.

Selon lui, il est important de mobiliser davantage de fonds et de réviser les règles relatives aux aides d'État.

Le ministre lituanien de l’Énergie, Žygimantas Vaičiūnas, a reconnu que le plan de la Commission pouvait engendrer, à très court terme, des fluctuations de prix, mais qu'il s'agissait de « la solution à long terme pour assurer la compétitivité de nos systèmes et pour pouvoir compter sur des fournisseurs fiables ».

Nucléaire. Sur la question de l'abandon des combustibles nucléaires russes, que la Commission envisage de cibler par des mesures commerciales (EUROPE 13634/1), la France avait appelé à faire preuve de flexibilité et de pragmatisme.

Le ministre français de l’Industrie et de l’Énergie, Marc Ferracci, a expliqué, devant la presse, que son pays était partisan du développement d’une autonomie stratégique « sur le sol européen » en matière d’infrastructure nucléaire.

Il a également rappelé que les pays de l’Alliance du nucléaire s’étaient réunis, en amont de la réunion informelle, pour insister sur l'abandon des énergies fossiles en investissant dans les énergies décarbonées, en particulier le nucléaire.

Système énergétique de l’Ukraine. L’agenda de la réunion informelle s'est concentré sur la reconstruction du système énergétique de l’Ukraine, à la suite des bombardements par la Russie du système énergétique du pays, mais également sur le soutien au développement d’un système énergétique décentralisé en Ukraine et en Moldavie.

Le déjeuner de travail a été spécifiquement consacré à l'alignement de la législation en matière d'énergie de l'Ukraine et de la Moldavie sur le cadre de l'UE.

« Si nous voulons parler d'une intégration plus poussée, ces progrès en termes d'alignement des lois sont nécessaires », a indiqué Paulina Hennig-Kloska. Elle a indiqué, par la suite,  que les progrès de l’Ukraine en la matière étaient impressionnants.

Panne dans la péninsule ibérique. Concernant la sécurité énergétique, les ministres ont également évoqué la panne massive qui a touché la péninsule ibérique le 28 avril dernier (EUROPE 13638/15).

Selon la nouvelle ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie, Katherina Reiche, cet incident « oblige à porter un regard réaliste sur l'état de la transformation du système énergétique en Europe et en Allemagne ».

« S'il est important de développer les énergies renouvelables, il est tout aussi important de garantir la sécurité et la résilience du système. Nous avons besoin d'un approvisionnement en gaz diversifié », a-t-elle ajouté.

Pour Marc Ferracci, il est essentiel de « renforcer les interconnexions et la coopération en matière de réseau et de système électrique et de discuter de la sécurité des approvisionnements ».

ETS. Sur un tout autre point, Paulina Hennig-Kloska a rappelé, lors d’une conférence de presse, que son pays espérait ouvrir « la clause de révision » de la directive sur l’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS), « qui affecte les prix de l’énergie ». Ainsi, elle a ajouté que, si l'échéance de 2027 ne pouvait pas être repoussée, elle demanderait une dérogation pour son pays. (Pauline Denys)

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