Réunis en Conseil lundi 12 mai, les ministres et représentants européens chargés de l'Éducation ont tenu un débat relatif au rôle de l''Union des compétences' dans le renforcement de l’Espace européen de l’éducation (EEE).
Les échanges ont reflété les nombreuses attentes que suscite cette initiative lancée le 5 mars dernier (EUROPE 13593/18), bien que des précautions aient été exprimées quant à sa gouvernance.
Le débat a porté sur la façon dont les outils de l''Union des compétences' et les objectifs éducatifs européens pouvaient au mieux se compléter, sans pour autant alourdir la charge administrative.
« Nous devons sortir de cette logique des silos, conjuguer nos forces et faire de l’éducation la principale des priorités politiques », a martelé la vice-présidente exécutive chargée des Emplois de qualité, des Droits sociaux et de la Préparation, Roxana Mînzatu, qui a souligné l'urgence d'agir face aux pénuries de main-d’œuvre, à la désinformation et aux défis démocratiques.
Si une majorité d'entre eux ont fait part de leur soutien, plusieurs États membres ont appelé à une plus grande vigilance concernant la gouvernance.
La ministre française, Élisabeth Borne, a affirmé que « l'articulation de l’EEE avec l’Union des compétences est déterminante ».
Son homologue italien, Giuseppe Valditara, a appelé à ce que les cinq priorités de l’EEE « continuent à être la boussole de notre action », notamment l’inclusion et l’appui aux enseignants.
D’autres États, comme la Suède, l’Allemagne ou le Luxembourg, ont exprimé des réserves quant à la multiplication des structures européennes. Plutôt que d’ajouter de nouveaux dispositifs, ils plaident pour d’abord évaluer les dispositifs européens déjà en place, tels que l'Espace européen de l’éducation ou les programmes existants, avant d’envisager la création de nouvelles structures.
« Les structures existantes et avérées doivent être utilisées pour éviter les doublons », a averti la représentante allemande, Helen Winter. Le Luxembourg a mis en garde contre le risque d’« alourdir les processus actuels » avec des instruments comme le Conseil des compétences ou l’Observatoire, plaidant pour une gouvernance claire, lisible et articulée.
La crainte d’une instrumentalisation économique de l’éducation a également été exprimée. « L’école est aussi un lieu de citoyenneté active et de cohésion sociale », a rappelé la représentante luxembourgeoise, Sandra Merens.
Le secrétaire d'État espagnol, Abelardo de la Rosa, a affirmé lui aussi que « tout ne peut pas toujours tourner autour des compétences dont on a besoin pour le marché du travail ». (Nithya Paquiry)