La commissaire européenne à la Concurrence, Teresa Ribera, a recommandé aux Européens, mardi 8 avril, de rester « calmes et fermes » face aux annonces de l'administration Trump concernant l'imposition de barrières douanières aux produits importés de l'Union européenne (EUROPE 13617/2).
« Nous devons analyser dans quelle mesure nous pourrions éviter une sorte de conflit dans le commerce international », a indiqué Mme Ribera en réponse à une question de Ľudovít Ódor (Renew Europe, slovaque), lors d'un premier dialogue avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Répondant à Gaetano Pedullà (La Gauche, italien), qui lui demandait si un État membre pouvait négocier en bilatéral avec les autorités américaines alors que la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, pourrait se rendre bientôt à Washington, selon lui, la commissaire européenne a prôné « l'unité » pour « faire face à un défi qui peut avoir pour but de diviser l'UE ».
Pour Mme Ribera, une parade à cette offensive américaine consiste, pour l'UE, à diversifier ses échanges commerciaux, à approfondir son marché intérieur et à agir pour rendre l'économie européenne plus compétitive. Tel est l'objectif de la révision en cours du régime des aides d'État, qui aidera les entreprises européennes à décarboner leurs processus de production dans le contexte du 'Pacte industrie propre'. Une consultation publique spécifique est ouverte jusqu'au 25 avril, a rappelé Mme Ribera (EUROPE 13597/14).
DMA. Alors que pourraient être rendues prochainement des décisions de la Commission européenne en matière de droit de la concurrence qui viseraient des géants américains du secteur numérique, l'ancienne ministre espagnole, qui était aux États-Unis la semaine dernière, a prévenu que l'institution de l'UE était prête à utiliser les instruments à sa disposition dans le cadre du règlement 'DMA', prenant pour exemple le cas Apple (EUROPE 13603/27).
« Si nous ne constatons pas de volonté de coopération, nous n'hésiterons pas à imposer les amendes prévues par la loi », a-t-elle déclaré, de nouvelles décisions pouvant être prises « dans les prochaines semaines ». Et d'ajouter que, d'ici là, des dialogues constructifs sont en cours, notamment avec les plateformes numériques, pour trouver des solutions d'opérabilité viables.
L'Espagnol Jorge Martín Frías (PfE) a critiqué l'impact négatif des règles environnementales de l'UE sur la compétitivité économique tandis que son compatriote Fernando Navarrete Rojas (PPE) a ironisé sur l'évolution de la position de Mme Ribera sur le 'Pacte vert européen', position qui se serait adoucie depuis qu'elle est commissaire européenne.
« Le 'Pacte vert' est une bonne chose pour l'économie européenne », a affirmé la commissaire. D'après elle, l'UE apprend en mettant en œuvre sa réglementation, qui, du fait de son caractère détaillé, peut entraîner « des chevauchements et un excès de reporting ». « Nous ne renonçons pas aux objectifs, mais nous simplifions la façon d'y parvenir » en rendant la vie des entreprises plus simple, a-t-elle commenté.
Directeur général. Enfin, interrogée par René Repasi (S&D, allemand) sur le remplacement du directeur général à la Concurrence - le Français Olivier Guersent étant sur le point de prendre sa retraite (EUROPE 13616/29) -, Mme Ribera a souhaité être en mesure de convaincre ce dernier de rester plus longtemps à son poste. À défaut, il faudra charger une personne respectée, capable de comprendre les outils à disposition de l'UE, de faire évoluer ces outils et en prise avec la vie réelle. (Mathieu Bion)